jeudi 18 juin 2009

Zak Galou contre Les Frères Bugsmirnov


Parce que sa soif d'apprendre n'a pas de limite.

Parce qu'il n'aime rien tant que se confronter à ses futurs confrères du merveilleux monde de la recherche.

Parce qu'il est tout particulièrement fasciné par cet idéal vanté à longueurs de médiatisation, synthèse de beauté plastique indéniable et de l'esprit le plus brillant.

Pour toutes ces raisons, et parce qu'il est obligé sinon il se fait tatanner la bourse par le rectorat, Zak Galou obtint une invitation pour se rendre au cours tout à fait magistral des frères Gruuikgor et Gruuikchka Bugsmirnov, les deux juments à tête de jumeaux bien connus de toutes les andouilles qui les écoutent sans les regarder (et inversement).

Ces deux géants de l'intelligence distribuée, bacheliers à 14 ans alors que c'est une épreuve grave balaise, d'un naturel étonnant qui s'est barré au galop, ces deux génies de la science que même Fred et Jamy y passent pour des benets à côté, étaient en France pour une série de une conférence exceptionnelle - il était tout naturel que Zak Galou en fusse.


L'amphi Etienne Mougeotte était bondé. Comment en aurait-il pu être autrement, la promotion de ce cours ayant été pilotée directement par le QG de la recherche française, rue du faubourg Saint-Honoré, à base d'annonces mégaphoniques type "morning live" et d'une audacieuse campagne télévisu-radiophonique et d'affichage, rappelant beaucoup la promotion du dernier opus du sphincter vue du fiel ? (Pour ceux qui n'auraient ni voté ni la télévision, c'est ce spot de pub qu'est passé la veille des élections que certains ont trouvé tellement beau et émouvant qu'ils ont décidé illico-pesto-basilic de faire du bio-compost avec les enfants, ce dont on ne saurait les blâmer quand on sait la difficulté à faire pousser des pommiers en plein hivers)

Zak Galou avait prévu de n'assister qu'à la séance de questions-réponses prévues dans la dernière demie-heure du cours - qui devait durer 4 heures - et en profiter pour signer la feuille d'émargement ; las ! il n'arriva qu'une ou deux minutes avant les deux professeurs, qui avaient dû, cas de force majeure, faire un crochet du menton par le service du personnel de la fac, rue du faubourg St-Honoré, afin d'y percevoir à l'avance le parachute doré dédommagement contractuel pour le déplacement.

Finalement, Zak Galou fut plutôt charmé des trois quarts-d'heure que dura la présentation powerpoint - bon, déjà parce qu'il avait déniché une place tout contre une accorte étudiante en sciences humaines, qui s'était inscrite sur un malentendu - nous y reviendrons - et que nous appellerons Berthe. Et puis, il trouvait assez amusant de voir se déplacer sur l'estrade rongée par les mites ces deux mentons sur patte, beaucoup plus petit en vrai que quand ils sont assis à la télé.

Le cours s'intitulait avec modestie : "La vérité sur l'origine du monde", et les frères Bugsmirnov prétendaient traiter ce vaste sujet en trois points :
1) La vérité
2) L'origine
3) Le monde
On n'avait plus vu plan plus plat (faut le dire vite) depuis le plan de jeu de l'équipe de france de balle au pied de ces 400 dernières années.

"Ralala chui dèg', j'croyais que c'était un cours sur Vangogue, maugréa la voisine Berthe après la brillante introduction de Gruuikchka sur l'étymologie austro-papoue du mot "vérité", qui contrairement à ce qu'on pourrait croire ne descend pas du mot "veritas" - et n'a donc rien à voir avec une quelconque société secrète visant à obtenir les moyens de vous faire parler, comme le signala fort habilement Gruuikgor - mais viendrait plutôt du mot "alfibo", qui n'a plus guère d'équivalent de nos jours, mais que l'on retrouve cependant dans certaines expressions de la vie courante, comme : "alfibo aujourd'hui : on va bouffer en terrasse".

"P'tain, c'est vrai qu'ils sont hyper balaise en vulgarisation scientifique, murmura quelqu'un derrière Zak Galou, qui songea à une conférence d'un ancien (prochain) ministre de l'éducation nationale sur le réchauffement climatique, où qu'il avait tout compris de ce que le monsieur il avait expliqué comme quoi c'étaient des conneries le réchauffement climatique et qu'il suffisait d'aérer un peu matin et soir.

"Euh, c'est pas vangogue, c'est Julien Courbet", glissa Zak Galou à sa voisine en espérant l'impressionner suffisamment pour qu'elle lui offre un café à l'inter-cours.
Berthe lui jeta un regard tiède : "T'es sûr ?
_ Sans aucun doute. Quand j'avais 7 ans mes parents m'ont offert un Télérama. Et pis ..."
Zak Galou fut interrompu par Gruuikgor, qui venait d'entamer la deuxième partie du cours :
"Oui, vous avez une question ?"

Notre héros, qui s'y connaissait en comportement estudiantin, joua l'étonnement : haussement des deux sourcils et regard alentour genre c'est pas à moi qu'il cause quand même, la vache je me suis fait prendre.
"Oui, vous là-bas, le chevelu à lunettes, avec la faucille et le marteau !" (il faisait allusion au tee-shirt de Zak Galou)
_ Euh ... héhé ... comment, pardon ? Je .. heu ... euh ...", il commençait à perdre pied mais fut sauvé par un trait d'esprit dont je vous laisse juge :
"C'est cette gouinasse qui essaie de me chiper mes notes !"
L'assistance morigéna Berthe, confuse, qui en oublia de haïr son voisin.
Comme la conférence reprenait, celui-ci jugea qu'il s'en était pas trop mal sorti, mais qu'il aurait du mal à choper ce matin-là.

"Mais dis donc, Gruuikchka, fit Gruuikgor, qu'est-ce que c'est que l'origine du monde ? Est-ce que c'est quelque chose qui fait peur ?
_ Pas du tout Gruuikgor, répondit Gruuikchka, l'origine du monde, c'est le Gang Bang !"
Zak Galou, mezzo-vocce : "Le quoi ?"
_ Mais dis donc, Gruuikchka, fit Gruuikgor, qu'est-ce que c'est que le Gang Bang ? Est-ce que c'est quelque chose qui fait peur ?
_ Pas du tout Gruuikgor, répondit Gruuikchka, le Gang Bang, c'est ce qui s'est passé juste après un moment très précis dans l'histoire cosmisque de l'univers des étoiles, et ce moment, Gruuikgor, c'est le moment de Planck"
_ Il faut savoir, reprit Gruuikgor qui faisait genre il posait des questions alors qu'en fait il savait les réponses, il faut savoir que Jack Planck ne fut pas seulement l'inventeur génial de la fête de la musique, mais bien avant cela, il inventa quelque chose de profondément passionnant : le moment de Planck !"

Zak Galou, pas revanchard, à Berthe : "Hé, il pose les questions alors qu'il connait le cours, t'as vu ?
_ Ben ouais il a déjà dû venir, si ça se trouve il redouble."

"Mais, Gruuikchka, comment définir le moment de Planck de manière simple ?
_ Très bonne question Gruuikgor, mais fais gaffe tu marches sur mon menton.
_ Ah non c'est le tien.
_ Oh pardon.
_ Y a pas de mal."
Il y eut alors comme un flottement dans la salle, les étudiants devinant à l'expérience que leurs professeurs avaient un trou (noir).

"Mais alors, Gruuikchka, comment définir le moment de Planck de manière simple ? demanda Guuikgor en retrouvant avec habileté le fil de sa démonstration, prouvant par là qu'il était pas loin d'être au moins aussi doué qu'un pilote Air France pour le pilotage automatique.
_ Très bonne question Gruuikgor, le moment de Planck, c'est quelque-chose qui fait peur. Je ne vais pas rentrer dans les détails scientifiques très compliqués, mais imaginez qu'à un moment, il y a eu un moment, et ce moment, par rapport au moment qui le suit et qui est juste avant le Gang Bang auquel nous devons d'être là aujourd'hui et je vous en remercie, ce moment très précis qui ne dura qu'un court instant, c'est le moment de Planck."
Il s'en faillit de peu qu'une salve d'applaudissements ne débutât dans l'amphi, devant une telle démonstration.

Puis vint la troisième partie, qui était en fait un pot avec séance de dédicaces de leur dernier livre, que l'on pouvait généreusement acheter sur place.

En bonne position dans la queue devant le bureau où les deux frères dédicacaient en Mont-Blanc, Zak Galou serra Berthe d'un peu plus près que ce que la décence eut voulue ; elle lui décocha un coup de talon assassin dans la cheville droite, le faisant hurler de douleur ("Ouïlle ouïlle ouïlle la vache !!"). Sautant à cloche-pied vers la première chaise libre, il perdit sa place dans la file d'attente et, contrit et meurtri, entreprit de sortir de l'amphi à cloche-pieds, en en remontant les 69 marches.

Au moment où il atteignait la porte, Berthe se faisait prendre en photo entre les deux mentons, et Zak Galou songea avec amertume que décidément, certains jours, il ne fallait pas chercher la petite Berthe.

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mercredi 7 mai 2008

Les vacances de M. Totobubu

"M. Totobubu ? Vous êtes réveillé ? demanda en mandarin l'accorte hôtesse de l'air de la compagnie Air-Chine. Cela faisait plus de cinq minutes qu'elle essayait en vain de le sortir de la torpeur cataleptique dans laquelle il était tombé suite à la diffusion dans l'avion de l'Intégrale de "Zhou Ange-Gardien de la Révolution", l'équivalent chinois de "Joséphine Ange Gardien". Il suffit à l'hôtesse de se pencher un peu plus devant notre héros pour déceler que, de fait, il était bien réveillé et lorgnait discrètement dans son corsage (comme une image), appliquant une technique brevetée par Bubu en 2002, puis démocratisée par Zak Galou tout au long de ses études. Rassurée mais un peu gênée, l'hôtesse s'empourpra : "Oh M. Totobubu, vous êtes un farceur !"
Celui-ci lui adressa un clin d'oeil qu'il espérait ravageur mais qui accentua le trouble de l'hôtesse, que nous appellerons Zhou parce que tous les chinois s'appellent Zhou.

M.Totobubu traversa le hall de l'aéroport Georges-Marchais de Pékin avec sa valise à la main ; il n'était pas mécontent d'avoir réussi à passer la douane pointilleuse sans se faire piquer le 2ème tome de "Oui-Oui chez les Nonistes", une vaste fresque médiévalo-érotique qui est sans doute le plus underground de la série des Oui-Oui. Fort heureusement pour lui, la douane chinoise n'y avait vu que du feu, croyant à tort qu'il s'agissait d'un bouquin porno - on ne s'éternisera pas sur ce qui avait bien pu les induire en erreur.
M.Totobubu prit un pouss-pouss garé en double-file, en songeant avec ironie à l'inanité du nom de cette sorte de brouette urbaine : le nom de tire-tire aurait mieux fait l'affaire, le pousseur se trouvant devant le poussé en une inversion sujet-verbe-complément digne des logorhées zag-galouiennes les plus admirables. Son chauffeur, que nous appellerons Zhou par commodité, était un franc-tireur qui s'y connaissait en touristes, et il avait très vite identifié en Totobubu un homme d'affaires avisé et pressé, prompt à mettre la main au porte-monnaie, le pied à l'étrier, la fleur au fusil, l'arme à gauche et la truffe au vent. Aussi décida-t-il de le faire passer par les petites rues touristiques typiquement pékinoises, dans lesquelles il espérait pouvoir faire valoir son pourcentage dans un ensemble de boutique de prêt à porter. Il l'arrêta ainsi avec succès devant un magasin de lingerie et un Mac-Zhou - l'équivalent chinois du Mac-Donald - mais il fit chou blanc à la petite boutique de crèmes glacées où travaillait son cousin Zhou et dans laquelle il obtenait toujours un excellent pourcentage sur les achats passés par ses clients. Alors qu'il lui vantait les mérites de la glace au riz cantonnais, M.Totobubu fut pris d'une rage terrible : "Vous êtes fou Zhou ! Vous n'avez donc pas remarqué que j'ai tout acheté en taille 36 au magasin de lingerie ? Comment pourrais-je rentrer dans mes vêtements si vous me goinfrez d'esquimaux ? _ Pardo Missieu Totobubu jo pouvé po savoir ! _ Partons d'ici tout de suite, allez zou Zhou !"
M.Totobubu était très vénère : "Je suis très vénère", se dit-il en posant les mains sur son ventre pour l'empêcher de crier famine, ce qui, il l'avait entendu dire, pouvait lui valoir la prison à perpétuité.

Le pouss-pouss franc-tireur le déposa devant l'hôtel Zhou-V, l'un des plus prestigieux palace de la ville. M. Totobubu y fut accueilli avec tout le fast and furious réservé aux plus grandes stars hollywoodiennes. "M.Totobubu, lui dit le maître d'hôtel, j'aime beaucoup ce que vous faites", ce qui était vrai, bien sûr, mais un peu moins cependant que s'il ne l'avait pas confondu avec Jackie Chan. De son côté, Totobubu trouvait un peu étrange que le conservateur du musée ne se soit pas incliné trois fois devant lui comme le voulait la coutume - en tout cas d'après le guide du Routard Japonais qu'il avait lu avant de venir. Mais Totobubu n'était pas à cheval sur les coutumes, et encore moins sur les us. Il passa outre et suivit le brave Zhou - c'était le nom du groom qui l'avait accueilli - jusqu'à sa chambre.
"Voilà votre chambre M.Totobubu
_ C'est beau mais c'est loin de l'ascenseur, dit Totobubu sans cacher son trouble de ne pas être hébergé dans un authentique tipi indien. Il regarda les murs de sa chambre sans trouver aucune photo de samourais célèbres, ce qui acheva de le mettre de mauvaise humeur. "Parce que, se dit-il en sa boucle for intérieure, soit le Guide du Routard c'est des rigolos, soit le Japon a bien changé depuis l'édition 2002".
"Il vous faut autre chose M. Totobubu ?
_ Je me taperais bien un thon", fit Totobubu en songeant à une assiette de sashimi.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, une dizaine de minutes plus tard, alors qu'il épluchait les pages sportives d'un journal local à la recherche d'un combat de sumo - il avait très envie d'en voir un en vrai depuis qu'il avait assisté, un peu par hasard, à l'empoignade provoquée par Zak Galou à la cantine du Laipsiks, un midi qu'il avait été pris sur le fait par un vigile alors qu'il venait de glisser un éclair au chocolat dans la poche de son jean - quel ne fut pas son trouble, alors, de voir se présenter à sa porte une vieille femme à la peau ridée, grosse et grasse et laide.
"Qu'est-ce que vous faîtes ici ? demanda-t-il.
_ Vous avez dit que vous aviez besoin de mes services !" s'étonna la vieille femme en chinois.
M Totobubu n'était pas du genre à s'étonner bien longtemps. De toutes les situations périlleuses il savait se tirer par une pirouette tout à fait habile. Il fit entrer la vieille femme, traça à la craie un grand cercle sur la moquette de la chambre, enfila une couche culotte pour personnes âgées - nous ne détaillerons pas ici les raisons de la présence de ce paquet de couches dans le sac de M. Totobubu, le respect de la vie privée commençant où le scénariste sèche sur une explication - puis, s'adressant à la femme, il dit : "Entre ici, nous allons combattre à mort jusqu'à ce que tu sortes du cercle de la vie !"

Dans la soirée, après avoir pris une raclée avec la vieille femme, après avoir fait un scandale au restaurant de l'hôtel parce qu'il n'y avait aucun sushi, M. Totobubu demanda au service d'étage s'il y avait du Wifi dans le bâtiment, ce à quoi le service d'étage lui répondit que Wifi était en congé pour le week-end, mais qu'il reviendrait après le pont du 8 mai.
Complètement aterré par la nullité de l'hôtellerie japonaise, M. Totobubu envoya un texto à Zak Galou, resté en France :
"Cher Zak Galou, tout se passe bien pour moi au Japon. Les gens sont très gentils et j'aime beaucoup le président et toutes les instances dirigeantes du pays, mais surtout le président. J'ai pu remarquer aussi que tous les tibétains que j'ai croisés étaient très heureux et vomissaient le Dalai Alpagua."

A l'autre bout du globe, recevant ce texto, Zak Galou en salle de pause dit à Pata :
"Merde, j'crois que Totobubu va se faire pécho par la police chinoise.
_ Mais pourquoi mon dieu, pourquoi ??
_ Il a mis dans la même phrase "Japon", "président" et "Dalai".
_ Oh le pauvre !"
Heureusement pour M. Totobubu, la police chinoise s'y connaissait mieux que Zak Galou en grammaire, et après avoir construit un document OWL à partir du texto envoyé, il s'avéra que les trois mots en question n'étaient pas dans la même phrase.
Donc, sauf erreur, M. Totobubu devrait pouvoir quitter le Japon prochainement. Dés qu'il trouvera l'aéroport international Arlette-Laguillé de Lhassa, d'où doit partir son vol de retour.

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vendredi 22 février 2008

La vraie vie de Zak Galou - Episode 43 : Telle est ma quête

Alors, raconte ! trépigna Pata en voyant arriver Zak Galou en salle de pause, sur les coups de 18h32, heure à laquelle les couloirs du Laipsiks sont aussi vides que les propositions du gouvernement et de l'opposition réunis.
_ Est-ce qu'elle a aimé ma cravate ? demanda Little tandis que Zak Galou, muet, un peu blafard encore et tout tremblant de l'épreuve qu'il venait de surmonter se commandait un potage tomate à la machine à café.
_ Tu t'es pris une fessée ? insinua Bubu dont les fantasmes n'en finissaient pas d'influer sur sa vie quotidienne.

"
Zak Galou se laissa choir dans le premier canapé rouge venu, en suçotant sa paille pour aspirer le breuvage incongru qui serait son seul dîner.

"Ca a commencé comme ça. J'ai gratté à sa porte et une voix grave et cérémonieuse m'a dit : "Ramène ton cul ici ptit merdeux !" Je n'en menais pas large. Pourtant, n'écoutant que mon courage à deux mains, je me suis dit : "Allons, courage, que n'ai-je tant vécu pour voir en un seul jour flétrir tant de lauriers, sans mentir si son plumage est comme son ramage, je ne serais pas le corbeau des hôtes de ce labo". Sur ce, j'ai commencé à m'éloigner dans l'espoir que l'ascenseur serait toujours au dix-huitième. Hélas, trois fois hélas, la porte s'est ouverte toute seule comme je faisais un pas en arrière, et sur un horrible grincement un nuage de fumée s'est échappé de la pièce. "Entre ici Zak Galou !" La voix semblait résonner en dehors et en dedans de moi, comme si une Bene Gesserit m'attendait de l'autre côté, moi jeune Kwisatz Haderach inexpérimenté mais déjà plein d'espoir dans la vie.
Je suis entré.
La chaleur dans ce bureau était horrible - une fournaise qui me fit penser avec nostalgie à la canicule de 2003, et à la petite entreprise de vente de ventilateurs par correspondance que j'avais montée - malheureusement un bête problème d'approvisionnement m'empêcha d'honorer la moindre commande, non sans avoir préalablement encaissé les chèques. Une mauvaise chose en entraînant souvent une bonne, mes clients ne sont plus là pour porter plainte.
On me dit de m'asseoir, mais je ne sais qui parle, ni même d'où vient la voix. Je pourrais être dans un jeu de téléréalité que ça serait du kif-kif-pareil-au-même. J'aperçois une chaise et je m'y asseois, non sans distinguer un gorille dans la brûme.
J'entends un bruit étrange, comme la culasse d'un fusil qu'on actionne ; c'est la fenêtre qu'on ouvre ; le brouillard se dissipe un peu. Je suis assis devant le bureau de ma directrice de thèse. Elle m'observe avec un sourire carnassier qui effraierait même Bubu."

_ Tu bluffes ! l'interrompit Bubu, ce qui lui valut un regard assassin de Little Endian, qui n'aimait pas qu'on s'arrête quand on racontait des histoires.

"Mauricette me désigna alors le tableau sur le mur à ma droite. Elle y avait dessiné ce qui ressemblait aux plans d'un complexe industriolo-militaire, genre un pentagone à sept branches, dont le diamètre pouvait faire entre 300mètres et 2 fois son rayon, minimum.
_ Zakarias, me dit-elle sans utiliser sa voix Bene Gesserit, tu vois ça ? C'est le Laipsiks."
Je bredouillais un acquiescement d'usage, en essayant de mémoriser rapido les emplacements des toilettes des filles aux différents étages. Puis Mauricette me désigna une casserole posée sur son bureau, d'où s'échappait, je m'en rendais compte soudain, une étrange odeur, vaguement familière. Elle me tendit la casserole et en ôta le couvercle.
"Tu vois ça, Zakarias ? C'est de la merde !"
Je jetai un coup d'oeil en prenant un air dégoûté ; je la reconnus tout de suite et m'extasiai en silence sur la qualité de mon odorat.
"Quelqu'un, un homme, s'amuse à aller faire caca dans les toilettes des filles. C'est inadmissible. C'est honteux. C'est cracra.
_ Hum... euh... oui je vois. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?"
Je devais longtemps regretter cette phrase.
"J'ai ouï-dire que tu étais un fervent défenseur des doigts de la femme...
_ Des droits, l'interrompit Zak Galou.
_ Oui. Bref. Ne m'interrompts pas. Je te charge de découvrir qui a fait ça. Si possible prend-le sur le fait, et amène-moi des preuves. J'ai l'intention de faire radier ce sagouin de l'ordre des waters !"'
Je me levai, pensant que l'entretien était terminé.
"Un instant, dit-elle en me tendant une petite carte de visite. Voici le numéro de Géraldine Duchemou, elle va t'aider pour les tests physico-chimiques, elle travaille au CNRS
_ Au ... ?
_ Au CNRS, le Centre National des Retraités Sédimentaires. Bonne chance James !"

"Oh la la mais qui ça peut bien être ce sagouin ?!! s'écria Little, qui non seulement n'avait pas suivi le début de l'histoire, mais en plus faisait preuve d'un enthousiasme pour le moins circonspect.
_ Tu es dans la mouise, fit Pata en se roulant une sèche.
_ Je peux voir la carte de visite stp ?" demanda Bubu.

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jeudi 21 février 2008

La vraie vie de Zak Galou - Episode 42 : Le revers de la cravatte

Ce matin-là, Zak Galou s'était levé tôt. 10h42 clignotait un peu vite et en vert sur le radio-réveil Snoopy, qui hurlait "la Danse des canards" dans une tentative un peu vaine de le sortir de sa léthargie.

Tandis qu'il tendait hors du lit une main vengeresse, dans le but de lui dégommer la truffe, Zak Galou se dit que c'était probablement une bonne journée qui commençait. Las, il râta sa cible et accrocha le napperon de dentelle piqué chez sa tata Rodriguez un jour de spleen ; le chien blanc entraîné par la chute du bras, du napperon et de tout le bordel dont Zak Galou se délestait avant de dormir (dans le désordre, ses lunettes, son élastique à cheveux, ses boules Quiès, sa crème pour pieds secs et son slip de jour), se glissa sous le lit en continuant sa bravade au son de l'Internationale. C'en était trop pour notre héros ordinaire, qui résolut à se lever, non sans avoir arraché la prise multiple qui alimentait sa chambre en électricité. Dans le noir et sans lunette, il batailla ferme avec le rideau pour enfin parvenir à actionner l'ouverture automatique des volets - et la lumière fut.

Une fois arrivé à son bureau, vers 14h30, il effectua la seule action de la journée qui rapproche le thésard de l'informaticien : il regarda ses mails. Il fut d'abord enthousiasmé de constater qu'il avait reçu un mail d'une certaine Mauricette, qu'il ne connaissait ni des lèvres ni des dents. "Ca, c'est ma résolution de la veille qui porte ses fruits !" s'exclama-t-il en son fort intérieur.
"Bonjour Zakarias,
Je souhaite faire le point avec toi concernant ta contribution à la vie sociale du Laipsiks, ce à la suite d'une demande formulée par le CNRS. Merci de passer me voir ce jour dans mon bureau (il se trouve au 18ème étage, première droite en sortant de l'ascenseur, entre la boutique de magie et l'extincteur).
Cordialement, Mauricette (ta directrice de thèse)"
Incontestablement, c'était un coup dur. D'autant que le dix-huitième étage, c'était un peu comme le pouvoir d'achat, tout le monde en parlait mais personne ne l'avait jamais vu. Pire, Zak Galou s'était habillé en casual ce jour-là, n'envisageant pas une minute qu'il rencontrerait si tôt sa directrice de thèse. Il ne pouvait quand même pas se présenter à son bureau dans cette tenue : pantacourt beige, converses oranges, et un tee-shirt violet où trônait le portrait d'un Mao orange. Pris soudain d'une peur panique, il se précipita dans le bureau de Pata, qui jouait à Frozzen Bubble avec son encadrant.
"Pata faut qu'tu m'files un coup de main ! J'ai besoin d'une cravate !
_ Qu'est-ce qui t'arrives ? fit Pata sans détourner son attention de l'écran où de petite billes rouges jaunes vertes et bleues luttaient pour leur survie.
_ J'ai rendez-vous avec ma directrice de thèse !"
Un silence glacial se répandit dans la pièce. L'adversaire de Pata mit son ordinateur en veille et se leva : "On continuera plus tard". Pata se passa une main dans les cheveux, livide.
"Ca alors ! Et ça te tombe dessus comme ça, sans préavis ni rien ?
_ Non ! Rien ! Hier je suis allé faire caca dans les toilettes des filles, et ce matin j'ai un mail de ma directrice de thèse qui veut me voir ! Il paraît que le CNRS veut me voir !!!
_ Le quoi ?
_ Le Comité de Nanas contre les Ringards Sexistes. Je suis foutu Pata ! Foutu !
_ Pas de panique voyons, ce n'est quand même pas la première fois qu'un thésard est convoqué chez sa directrice de thèse ! Tu es allé voir sur Doctissimo s'ils connaissent les symptômes ?
_ Mais non je n'ai pas le temps ! Je suis en sursis de la vie ! se mit à hurler Zak Galou en devenant rouge comme un communiste. Il me faut une cravate, une veste, quelque chose qui fasse top la classe ! Si je me pointe comme ça, je suis bon pour finir en SSII !!
_ Je n'ai pas ça ici mon vieux, tu as demandé à Nono ? C'est un grand, il doit savoir où on peut trouver un costume et une cravate à cette heure-ci."
Nos deux héros partirent alors dans les couloirs du Laipsiks, direction la salle de pause. C'était le seul endroit où ils avaient jamais vu Nono, et ils espéraient l'y trouver en train de faire une démonstration de la manière d'obtenir deux bouteilles d'eau pour le prix d'une.

Par chance, Nono était bien là, en train de faire une démo à un car de touristes japonais venus exprès pour ça. A la fin de la représentation, alors que Nono passait entre les gens, une casquette de canard (avec un bec-visière et des oreilles) à la main, Zak Galou l'interpella :
"Nono j'ai besoin de toi !
_ Ah salut Zak, salut Pata, vous auriez pas une ptite pièce ? C'est pour le pot de fin de mois de février qu'on organise avec le département."
Après avoir consciencieusement déposé une pièce rouge dans la casquette, Zak Galou revint à la charge, expliquant son problème.
"Ecoute, lui dit Nono, j'ai un rappel à faire, puis je dois tourner le bonus de mon prochain DVD. Ca va s'appeler "Tour de magie et blagounettes". Après si tu veux, je te montrerais un agent VDL qui fait les noeuds de cravate."

Dépités, nos deux héros profitèrent du rappel de Nono, qui comprenait, entre autres, l'escamotage d'une barre chocolatée dans sa manche, pour s'éclipser.
"Le problème avec Nono, dit Pata, c'est qu'il pense qu'au taff !"

Après cela, ils n'eurent d'autres choix que d'aller voir Little Endian, qui jouait à "Dessinez plus c'est gagner plus" avec ses collègues de bureau. Pata, qui a de l'humour, lui dit :
"Dis Little, tu aurais pas une cravate sur toi ? Une cravate de notaire ferait très bien l'affaire !
_ Ah non, désolé, je ne connais aucun notaire."
Zak Galou monta sur ses grands canassons :
_ Ecoute Little, c'est une question de vie ou de claque dans la gueule ! Il me faut une cravate !! Je ne peux quand même pas me pointer devant ma directrice de thèse habillé comme un junkie slammeur du 7-8 !
_ Euh ben si tu veux, on peut s'arranger", proposa-t-elle en attrapant un stabylo bleu.

C'est ainsi que, quelques minutes plus tard, arborant un grand sourire satisfait, Zak Galou se présenta devant sa directrice de thèse, son tee-shirt Mao orné du dessin d'une admirable cravatte rouge à pois bleus.


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mercredi 20 février 2008

La vraie vie de Zak Galou - Episode 41 : Idée & IA (faut le dire vite)

Alors qu'il abordait le second semestre de sa seconde année de thèse, Zak Galou se sentait aussi enthousiaste qu'un manchot à qui l'on dit "Haut les mains !".
Bien sûr, il était conscient de ses privilèges : le monitorat à moins de deux heures du labo, le labo à moins de deux heures de son domicile (ce qui, je le précise à l'égard des voyageurs de commerce, lui faisait moins de quatre heures de transport pour se rendre de son domicile aux salle de classe high-tech où il professait à de jeunes imbéciles bouffis d'ambition, je cite, "que dans la vie, faut ce qui faut et pas plus, et que la programmation en C C de la programmation") ; cependant, malgré cette chance insigne de pouvoir pratiquer plus de sept lignes de trains différentes en une seule journée, il se sentait végéter.
Il le disait souvent au personnel d'entretien qui chaque jour venait vider sa poubelle pleine des photocopies de sudoku et mots-croisés qu'il allait chiper au département "Recherche Opérationnelle" - un département qui s'attache à la démonstration théorique que c'est pas facile la vie de voyageur de commerce sur le grand échiquier de la vie, surtout quand on est poursuivi par N dames ; un département qui se démarque, par exemple, du département "Système multi-thésards", dont la démonstration du même problème s'attache aux cas pratiques, via l'interrogation de mappy et/ou via-michelin ; qui se démarque également, pour être exhaustif, du département "Animat Lab", qui cherche à compliquer la tâche du voyageur en ajoutant des rats sur l'échiquier.
"Je t'envie un peu", disait-il en philosophant sur les troublantes similitudes entre leurs deux conditions - rémunération, reconnaissance - non sans rêver aux distinctions, notables : valorisation de l'ancienneté, joie de l'uniforme, visite des bureaux des chefs en toute impunité.

Au fond, Zak Galou le savait, ce n'était pas tant le fait qu'il n'avait toujours pas le début du commencement de la queue d'une idée qui l'embêtait, mais bien le fait qu'il ne savait pas s'il atteindrait le poste de professeur des universités sans que cela se voit. Il évitait ainsi soigneusement Nono, qui avait eu une idée un jour, et Bubu dont les idées royalo-fabiusiennes se résumaient aisément à des slogans chocs tels que "La rémunération au mérite, je le mérite" - et Zak Galou avait conscience qu'au mérite il était un peu just.

"T'inquiètes mon vieux, lui dit Pata en salle de pause. Tu as déjà eu plein d'idées méga-top !
_ Ah ?
_ Meuh oui ! Ton idée que chaque thésard connaisse le nom d'un stagiaire disparu après les soutenances, c'était brillant ! Et ton idée de lire à chaque début de TD la lettre de Guy Toqué, ce thésard promis à un avenir médiocre, dont la bourse a été supprimée parce qu'il voulait faire de la recherche fondamentale, ça a eu un succès monstre !
_ Ben... je sais pas... peut-être... Mais bon, c'est pas ça qui va m'aider à choper des gonzesses !
_ Ecoute, fit Pata d'un ton définitif, ce qu'il te faut, c'est un voyage qui forme la jeunesse, une odyssée dans les bas-fonds du trou du cul du monde, genre "into the wild" dans la jungle birmane (Pata avait vu sur le Patastream le film de Cheune-Stylo et le dernier Rambo)
Zak Galou médita un moment les paroles pleines de bon sens de son camarade.
Puis il se leva, brossa soigneusement les miettes de Papy-Brossard qui ornait son pantalon de velours rouge, il agita sa queue de cheval (ses cheveux, voyons !), puis, avant de quitter définitivement et pour au moins dix minutes la salle de pause, il dit :
"Tu as raison Tapa, c'est exactement de ça dont j'ai besoin.
_ Ah je suis content que tu te ranges à mon avis ! Alors ? Que vas-tu faire ?
_ Je vais aller faire caca dans les toilettes des filles."

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vendredi 1 février 2008

La petite histoire du jour

C'est par là

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mardi 27 novembre 2007

Les nouilles du LST

Exclusif : Se rendant au LST en avance de phase d'une demi-heure par rapport à l'heure habituelle, Zak Galou, jeune thésard pré-pubère à l'oeil goguenard et lubrique, glisse sur une crotte de chien et chute dans le caniveau.
Quelques heures plus tard, la nouvelle a fait le tour du quai Kennedy - les jeunes du quartier sont ébranlés du slip : "Putain yo c'est tro la misère kékénnedy t'as vu !"

Vers dix-heures trente, soit deux heures après les faits, madame Mauricette Duchemin se fait tirer par son bichon argenté, surnommé Poupette. L'incident survenu plus tôt est dans toutes les têtes.

Et là, c'est le drame. L'escalade. L'explosion de violence.
Poupette est branchée sur le pot d'échappement du cat-cat de Pata, un Range-Roveur d'importation japonaise, puis après deux tours de périph à donf, elle est jetée à la Seine depuis le pont Mirabeau, où nos amours faut-il qu'il m'en souvienne, la joie de Mauricette Duchemin venait toujours après la peine.

Passe la nuit, sonne l'heure et tout le quartier est en prises aux flammes. Les petits vieux se sont armés de cannes, de béquilles et de déambulateurs en flammes ; ils déferlent sur les jeunes, armés de cocktails molotov et de mitrailleuses lourdes. Bubu a pu emprunter un char Sherman à son tonton Bobby, qui travaille à la Défense.

A l'heure où j'écris ces lignes, le combat fait toujours rage. Je ne sais qui en sortira mort ou vif. Je me suis planqué dans le bureau d'un chercheur, le seul endroit sûr et désert en pleine journée. Et a fortiori la nuit.

John-Paul Glou, reporter emporté, pour le LST-Nouille

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mardi 16 octobre 2007

Ô vieillesse !

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lundi 10 septembre 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 34 : Apocalypse Nono

La victoire des Grococos à l'épreuve de confort plongea les Babibelous dans un profond désarroi - pire qu'un amphi de quatre heures un lundi matin. Conspués par Deni Groniar, qui n'en manquait pas une pour être très méchant, ils retournèrent à leur campement sur la plage ensoleillée où, par ailleurs, coquillages et crustachiés, qui l'eut cru déploraient la perte de l'été, qui du coup allait pas tarder à s'en aller.

Zak Galou, comme tout bon chercheur à l'estomac délicat, avait su contourner le problème du déjeuner en dissimulant soigneusement les asticots composant le menu dans ses cheveux - "Et évitez d'aller dans les oreilles, il y a déjà les boulettes du couscous de Lapin Rose et je suis pas sûre qu'elles soient bonnes, même pour vous", leur conseilla-t-il aimablement. Pata, que le manque de café rendait aggressif, avait décidé comme on l'a vu à l'épisode précédent de filer les Grococos dans l'espoir de récupérer le café ; on sait également ce qui lui est arrivé.
Nono était le plus dépité d'entre tous - et pas seulement parce qu'il n'avait pas pu chanter le cri de guerre de la victoire, une subtile variation du cri de guerre de base qu'il avait formalisée sous forme d'une relation d'héritage, s'attirant les moqueries de Morbeth sur l'héritage Mitsouko.
Non, le vrai malheur de Nono, en cette fin de mois d'août, c'était le retard que prenait la recherche d'Ingrid au profit de ces épreuves à la con. Il était plus que temps pour lui de revenir à Paris s'il ne voulait pas râter la rentrée de Petinono en cours élémentaire deuxième niveau. Prétextant une envie de sujet d'exam, il s'isola derrière un buisson et ôta sa chaussure droite, dont il tapota la semelle avant de la plaquer contre son oreille.
"Allo ? fit Petinono à l'autre bout de la chaussure.
"Ecoute, maman est près de toi ? Il faut lui dire maman c'est quelqu'un pour toi.
_ Ah salut papa ! Alors comment ça se passe en Colombie ?
_ Bon, tu te rappelles quand Han Solo est fait prisonnier par Jabial le forestier, au début du retour du Gédaille ? Ba là c'est pareil sauf qu'on a toujours pas trouvé la princesse Leia, tu vois la genre ?
_ Oula, ça craint grave sa mère !
_ Oui bon, je peux lui parler ?
_ Bon je vais la chercher, mais je crois qu'elle est dans son bain et je sais pas si elle va pouvoir venir."
Petinono mit son père en attente, sur le tube de la rapeuse Diam's, intitulée "Génération Nono", et celui-ci songea qu'il fallait qu'il interdise à son fils d'écouter MFM les mélodies qu'on aime.

[Par soucis du respect de la vie privée, et suite aux nombreux procès intentés à des journaux infiniment sérieux pour cause d'une simple photo sur la plage, la rédaction du LST a décidé de flouter la conversation qui s'ensuivit]

Zak Galou, peu après le retour au motel, avait décidé de faire une ballade roborative dans les bois, dans l'espoir "dy dénicher une biche ou deux pour faire une belotte". Comme tous les vendredis, il s'était habillé casual, c'est-à-dire jeans, baskets et tee-shirt du Che façon Warhol. Il marcha longtemps très longtemps, en appelant parfois "Bibiche, bibiche !" mais sans succès. Il faut dire que les biches ont été pas mal chassées en Colombie, notamment pour leurs défenses, et qu'il n'en reste pas beaucoup qui connaissent la belotte. Il gravit sept collines (en hommage à sa tata rodriguez de Lisbonne) et atteint une vallée luxuriante, dont la beauté le fit s'exclamer : "Oh médidon c'est drôlement joli par ici, on dirait un petit val qui mousse de rayons et au milieu coule une rivière !" Les rigueurs du jeu l'ayant empêché de se laver depuis plusieurs semaines, il profita du lit de la rivière pour s'y coucher nu, ses vêtements soigneusement pliés et dissimulés dans les joncs qui plièrent mais ne rompirent point.
Il en était à la deuxième manche du duel "Laure Manaudou contre l'homme de l'atlantide" lorsque, essouflé, il résolut de sortir de l'eau.

Un grand cri d'horreur pure jaillit cristallin dans l'air pur de cette fin d'après-midi.
Zak Galou, qui pourtant était très courageux, crut qu'il y avait un danger et se mit à hurler lui aussi en agitant les bras comme Bubu le lui avait appris ("tu comprends, lui avait expliqué le grand héros, s'il y a un danger imminent, ça permet d'avertir la population locale, tout en faisant affluer le sang au cerveau, ce dont on a toujours besoin dans ces moments-là").

Puis il aperçut la femme qui criait, de l'autre côté de la rivière, et il se dit : "Tiens c'est marrant on dirait qu'elle regarde dans ma direction". Il cessa donc de crier et lui fis un petit signe de la main, qu'il voulait amical mais qui poussa la femme à disparaître dans les sous-bois.
Zak Galou n'était pas du genre à ressasser toute la journée les aventurex extraordinaires qui lui tombaient dessus, aussi enfila-t-il tranquillement ses vêtements en repensant à la victoire de Flipper le dauphin dans le grand concours d'apnée qu'il venait d'organiser.
Il en était à la remise des médailles et au troisième couplet de la marseillaise, "le plus poignant", lorsqu'il se dit à brûle-pourpoint "c'est fou on aurait dit Ingrid la nana qui criait tout à l'heure, c'est dingue la vie quand même, ça nous fait de ces coincidences !"

Après le dîner ce soir-là, alors que les Babibelous buvaient leur spleen à la terrasse du motel, Nono se leva pour faire une déclaration :
"Babibelouses, Babibelous, mes chers compagnons d'aventure, comme disait le sage Consciencius, dans la vie il y a un tout pour temps, et chaque chose à sa place pour les vaches seront bien gardées..."
Il y eut un léger flottement dans l'assistance, tous ne parvenant pas à démêler la portée philosophique dans les propos du jeune chef des Babibelous.
"Bref, nous avons subi une défaite aujourd'hui. J'en assume la pleine responsabilité et j'ai décidé de me retirer de la vie de l'aventure ! Je rentre dés ce soir à Paris".
Tous essayèrent de le convaincre de rester, d'autant qu'il fallait bien quelqu'un pour relire leurs rapports de stage et autres articles, mais Nono était trop déprimé pour surseoir à sa décision. "Déconne pas Nono, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve dans la vie ! lui dit Zak Galou, regarde aujourd'hui on a paumé, mais il y a des signes qui doivent nous faire garder espoir ! Pas plus tard que tout à l'heure, en plein désarroi cosmique, j'ai croisé une fille qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à Ingrid, et ben je pense que c'était un signe qu'il ne faut pas perdre espoir !"
Comme à son habitude de s'écouter parler, Zak Galou enchaîna sur un discours mêlant citations historiques et percées philosophiques majeures, si bien qu'il ne remarqua pas le brusque ramdam de ses compagnons, qui rassemblèrent en tout hâte leurs affaires, y compris les sacs à dos alors que c'étaient super lourds.
Quand ils furent tous prêts, Nono leva la main pour l'interrompre :
"Tu m'as convaincu Zak Galou, maintenant conduis-nous à l'endroit où tu as croisé cette femme qui ressemblait à Ingrid !"

Ce qu'il advint de nos deux équipes, parviendront-ils à sauver Ingrid, qui gagnera le jeu, qui expliquera le rôle trouble de la femme de chambre de Bubu, quand Pata et Glou cesseront-ils de révolutionner la pop-music dans leur trou, vous saurez tous ça (si on pense à tout), dans l'ultime épisode (environ) de la grande saga de l'été !

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vendredi 7 septembre 2007

Mais c'est vrai ! Zak Galou était bien habillé aujourd'hui !!!

A la cantine, je n'en croyais pas mes yeux !
Si si ! Aujourd'hui, Zak Galou n'était pas en t-shirt délavé, ni en jeans troué ! Cela méritait une photo, j'avoue (même si j'étais un peu réticente à cause de ma flemme).

Voyez par vous-même :



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mercredi 18 juillet 2007

Les Aventures Extras du Jambon Beurre : épisode 29


(maudite soit cette bd qui a subi 5 écrans bleus (*biip !* "vidange de la mémoire physique...") de la part de mon pc u_u)

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jeudi 12 juillet 2007

Super LST passe à l'action ! - Episode 27



(Ici, ce que vous voulez avant le lien)
(Ici vous racontez votre vie)

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samedi 7 juillet 2007

LST Express - Episode 25c : Les volatiles

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jeudi 5 juillet 2007

LST Express - Episode 25b : Une fille dans l'équipe : handicap ou pas handicap ?

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Chimérique Crépuscule

En honneur de Zak Galou qui travaille ;)
Acrylique sur toile 100x100 (je crois O_o)

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dimanche 1 juillet 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 22 : La route de la colombie - COMPLEEEETT !!!












Merci à tous ceux qui m'ont aidé pour la BD ! (et donné du boulot en plus ~_~)
(cad: Glou (scénar, boulots en plus), ZG (pour les onomatopés), Yu'lynh (pour son personnage Blacky et son talent graphique), Jasrah (la fan hystérique de Bubu), ma maman (pour ne pas m'avoir engueulé), mon papa (pour la petite aide en portugais), mon pc (pour ne pas avoir planté aux moment trop critiques), les week-end (pour simplement exister), les 3D (pour être très bon, mais pas pratique pour dessiner)...)

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vendredi 29 juin 2007

Les A.E. de Zak Galou - Ep. 22 : La route de la colombie - PART 3


(Ici, ce que vous voulez avant le lien)
(Ici vous racontez votre vie)

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jeudi 28 juin 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 22 : La route de la colombie - PART 2


Bd d'hier complétée !
-> To be continued !


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mercredi 27 juin 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 22 : La route de la colombie - PART 1


Et tout de suite, sans plus attendre, c'est parti, vous aurez la 2eme partie de la bd demain ou après demain :)

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mardi 5 juin 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 17 : Zak Galou et l'attaque des pigeons-farceurs

"C'est pas donné à tout le monde d'être un héros intergalactique, surtout quand on a pas le permis", songeait Zak Galou en se rendant au travail, en ce début d'après-midi du 5 juin 2007.

Il se balladait sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconnu. Il avait, en quelque sorte, envie de dire "Wakatépé baboun" à n'importe qui. N'importe qui, et ça aurait pu être cette adolescente presque plus mineure, qu'il suivait depuis une demi-heure en se proposant de lui proposer sa barre à mine.
En allongeant le pas, il s'apprêtait même à l'aborder avec une admirable blagounette concernant le coup de grisou qu'il venait de subir en l'apercevant, lorsque, saperlipopette et palsambleu, il trébucha sur le corps inanimé et un peu plat d'un pigeon crevé. Les pigeons, ils sont comme ça, il faut toujours qu'ils crèvent sur les trottoirs aux pieds des honnêtes gens.
Zak Galou ne détestait pas à proprement parler les pigeons, il lui arrivait même souvent d'en être un, comme la fois où il avait accepté de garder le sac de la lapine rose pendant qu'elle montait dans Space Moutain seule avec un thésard plus jeune qu'elle**.
Pourtant, malgré toute l'amitié qu'il pouvait éprouver pour Nicolas Hulot, il y avait des moments où ça allait bien : "Bon, dit-il au pigeon allongé, j'ai rien contre Nicolas Hulot, mais il y a des moments où ca va bien !". Du coup, la donzelle envolée et hors d'atteinte, il balança un coup de pied rageur dans le cadavre du petit rongeur à plumes. Las ! A peine avait-il levé sa tennis decathlon-à-fond-la-forme que la petite bête - qui ne la cherchait pas - se redressa sur ses pattes et s'envola sur la première branche venue, où se trouvaient perchés ses copains. Zak Galou, tout à son tir au but, partit en arrière et tomba sur le cul.
"Cot cot cot, fit le pigeon qui avait été élevé par des poulets, on l'a bien eu ce grand nigaud !
_ Cot cot, tu l'as dit Maurice, fit le second en secouant un peu les ailes, tout à son hilarité volatile.
Zak Galou, humilié, confus, rougissant sous les rires moqueurs des passants plus encore que sous les sarcasmes des oiseaux, se redressa avec toute la superbe dont il était capable et lança un regard noir à la branche au-dessus de lui (ses lunettes, faut-il le préciser, s'était échappée de son nez et flottait maintenant dans le caniveau).
"Cot cot, la prochaine fois, il fera attention où il marche !" conclut le troisième pigeon, qui n'était pas la cinquième roue du carrosse de la cuisse à Jupiter.

Bien entendu, et comme pour toute histoire qui le vaut bien, la morale fut un peu sauve car notre héros, rentrant dépité au labo, avisa un chti n'enfant, pas plus de quatre ans, dont le pull en laine tricoté par mémé s'ornait d'un de ces petits quadrupèdes à deux pattes qui, sur un mur, picorait du pain dur. Il s'approcha sans bruit, l'air de rien comme lui seul savait en avoir l'air. Puis, dans un hommage et à Rolland-Garros et à la campagne de 2002 de Bayrou, il lui mit une bonne claque dans la gueule, en coup droit.
"Ah ah, tu fais moins ton kéké maintenant, dit-il au mioche en pleurs, fallait pas me chercher ! Avec moi, c'est dent pour dent !!

A suivre...

** toute ressemblance avec une situation ayant existé serait purement fortuite, vu qu'on n'a toujours pas vu la BD exacte de cette journée "Sauvons Minnie".

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Les réflexions de la machine à café :

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