mercredi 7 mai 2008

Les vacances de M. Totobubu

"M. Totobubu ? Vous êtes réveillé ? demanda en mandarin l'accorte hôtesse de l'air de la compagnie Air-Chine. Cela faisait plus de cinq minutes qu'elle essayait en vain de le sortir de la torpeur cataleptique dans laquelle il était tombé suite à la diffusion dans l'avion de l'Intégrale de "Zhou Ange-Gardien de la Révolution", l'équivalent chinois de "Joséphine Ange Gardien". Il suffit à l'hôtesse de se pencher un peu plus devant notre héros pour déceler que, de fait, il était bien réveillé et lorgnait discrètement dans son corsage (comme une image), appliquant une technique brevetée par Bubu en 2002, puis démocratisée par Zak Galou tout au long de ses études. Rassurée mais un peu gênée, l'hôtesse s'empourpra : "Oh M. Totobubu, vous êtes un farceur !"
Celui-ci lui adressa un clin d'oeil qu'il espérait ravageur mais qui accentua le trouble de l'hôtesse, que nous appellerons Zhou parce que tous les chinois s'appellent Zhou.

M.Totobubu traversa le hall de l'aéroport Georges-Marchais de Pékin avec sa valise à la main ; il n'était pas mécontent d'avoir réussi à passer la douane pointilleuse sans se faire piquer le 2ème tome de "Oui-Oui chez les Nonistes", une vaste fresque médiévalo-érotique qui est sans doute le plus underground de la série des Oui-Oui. Fort heureusement pour lui, la douane chinoise n'y avait vu que du feu, croyant à tort qu'il s'agissait d'un bouquin porno - on ne s'éternisera pas sur ce qui avait bien pu les induire en erreur.
M.Totobubu prit un pouss-pouss garé en double-file, en songeant avec ironie à l'inanité du nom de cette sorte de brouette urbaine : le nom de tire-tire aurait mieux fait l'affaire, le pousseur se trouvant devant le poussé en une inversion sujet-verbe-complément digne des logorhées zag-galouiennes les plus admirables. Son chauffeur, que nous appellerons Zhou par commodité, était un franc-tireur qui s'y connaissait en touristes, et il avait très vite identifié en Totobubu un homme d'affaires avisé et pressé, prompt à mettre la main au porte-monnaie, le pied à l'étrier, la fleur au fusil, l'arme à gauche et la truffe au vent. Aussi décida-t-il de le faire passer par les petites rues touristiques typiquement pékinoises, dans lesquelles il espérait pouvoir faire valoir son pourcentage dans un ensemble de boutique de prêt à porter. Il l'arrêta ainsi avec succès devant un magasin de lingerie et un Mac-Zhou - l'équivalent chinois du Mac-Donald - mais il fit chou blanc à la petite boutique de crèmes glacées où travaillait son cousin Zhou et dans laquelle il obtenait toujours un excellent pourcentage sur les achats passés par ses clients. Alors qu'il lui vantait les mérites de la glace au riz cantonnais, M.Totobubu fut pris d'une rage terrible : "Vous êtes fou Zhou ! Vous n'avez donc pas remarqué que j'ai tout acheté en taille 36 au magasin de lingerie ? Comment pourrais-je rentrer dans mes vêtements si vous me goinfrez d'esquimaux ? _ Pardo Missieu Totobubu jo pouvé po savoir ! _ Partons d'ici tout de suite, allez zou Zhou !"
M.Totobubu était très vénère : "Je suis très vénère", se dit-il en posant les mains sur son ventre pour l'empêcher de crier famine, ce qui, il l'avait entendu dire, pouvait lui valoir la prison à perpétuité.

Le pouss-pouss franc-tireur le déposa devant l'hôtel Zhou-V, l'un des plus prestigieux palace de la ville. M. Totobubu y fut accueilli avec tout le fast and furious réservé aux plus grandes stars hollywoodiennes. "M.Totobubu, lui dit le maître d'hôtel, j'aime beaucoup ce que vous faites", ce qui était vrai, bien sûr, mais un peu moins cependant que s'il ne l'avait pas confondu avec Jackie Chan. De son côté, Totobubu trouvait un peu étrange que le conservateur du musée ne se soit pas incliné trois fois devant lui comme le voulait la coutume - en tout cas d'après le guide du Routard Japonais qu'il avait lu avant de venir. Mais Totobubu n'était pas à cheval sur les coutumes, et encore moins sur les us. Il passa outre et suivit le brave Zhou - c'était le nom du groom qui l'avait accueilli - jusqu'à sa chambre.
"Voilà votre chambre M.Totobubu
_ C'est beau mais c'est loin de l'ascenseur, dit Totobubu sans cacher son trouble de ne pas être hébergé dans un authentique tipi indien. Il regarda les murs de sa chambre sans trouver aucune photo de samourais célèbres, ce qui acheva de le mettre de mauvaise humeur. "Parce que, se dit-il en sa boucle for intérieure, soit le Guide du Routard c'est des rigolos, soit le Japon a bien changé depuis l'édition 2002".
"Il vous faut autre chose M. Totobubu ?
_ Je me taperais bien un thon", fit Totobubu en songeant à une assiette de sashimi.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, une dizaine de minutes plus tard, alors qu'il épluchait les pages sportives d'un journal local à la recherche d'un combat de sumo - il avait très envie d'en voir un en vrai depuis qu'il avait assisté, un peu par hasard, à l'empoignade provoquée par Zak Galou à la cantine du Laipsiks, un midi qu'il avait été pris sur le fait par un vigile alors qu'il venait de glisser un éclair au chocolat dans la poche de son jean - quel ne fut pas son trouble, alors, de voir se présenter à sa porte une vieille femme à la peau ridée, grosse et grasse et laide.
"Qu'est-ce que vous faîtes ici ? demanda-t-il.
_ Vous avez dit que vous aviez besoin de mes services !" s'étonna la vieille femme en chinois.
M Totobubu n'était pas du genre à s'étonner bien longtemps. De toutes les situations périlleuses il savait se tirer par une pirouette tout à fait habile. Il fit entrer la vieille femme, traça à la craie un grand cercle sur la moquette de la chambre, enfila une couche culotte pour personnes âgées - nous ne détaillerons pas ici les raisons de la présence de ce paquet de couches dans le sac de M. Totobubu, le respect de la vie privée commençant où le scénariste sèche sur une explication - puis, s'adressant à la femme, il dit : "Entre ici, nous allons combattre à mort jusqu'à ce que tu sortes du cercle de la vie !"

Dans la soirée, après avoir pris une raclée avec la vieille femme, après avoir fait un scandale au restaurant de l'hôtel parce qu'il n'y avait aucun sushi, M. Totobubu demanda au service d'étage s'il y avait du Wifi dans le bâtiment, ce à quoi le service d'étage lui répondit que Wifi était en congé pour le week-end, mais qu'il reviendrait après le pont du 8 mai.
Complètement aterré par la nullité de l'hôtellerie japonaise, M. Totobubu envoya un texto à Zak Galou, resté en France :
"Cher Zak Galou, tout se passe bien pour moi au Japon. Les gens sont très gentils et j'aime beaucoup le président et toutes les instances dirigeantes du pays, mais surtout le président. J'ai pu remarquer aussi que tous les tibétains que j'ai croisés étaient très heureux et vomissaient le Dalai Alpagua."

A l'autre bout du globe, recevant ce texto, Zak Galou en salle de pause dit à Pata :
"Merde, j'crois que Totobubu va se faire pécho par la police chinoise.
_ Mais pourquoi mon dieu, pourquoi ??
_ Il a mis dans la même phrase "Japon", "président" et "Dalai".
_ Oh le pauvre !"
Heureusement pour M. Totobubu, la police chinoise s'y connaissait mieux que Zak Galou en grammaire, et après avoir construit un document OWL à partir du texto envoyé, il s'avéra que les trois mots en question n'étaient pas dans la même phrase.
Donc, sauf erreur, M. Totobubu devrait pouvoir quitter le Japon prochainement. Dés qu'il trouvera l'aéroport international Arlette-Laguillé de Lhassa, d'où doit partir son vol de retour.

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vendredi 22 février 2008

La vraie vie de Zak Galou - Episode 43 : Telle est ma quête

Alors, raconte ! trépigna Pata en voyant arriver Zak Galou en salle de pause, sur les coups de 18h32, heure à laquelle les couloirs du Laipsiks sont aussi vides que les propositions du gouvernement et de l'opposition réunis.
_ Est-ce qu'elle a aimé ma cravate ? demanda Little tandis que Zak Galou, muet, un peu blafard encore et tout tremblant de l'épreuve qu'il venait de surmonter se commandait un potage tomate à la machine à café.
_ Tu t'es pris une fessée ? insinua Bubu dont les fantasmes n'en finissaient pas d'influer sur sa vie quotidienne.

"
Zak Galou se laissa choir dans le premier canapé rouge venu, en suçotant sa paille pour aspirer le breuvage incongru qui serait son seul dîner.

"Ca a commencé comme ça. J'ai gratté à sa porte et une voix grave et cérémonieuse m'a dit : "Ramène ton cul ici ptit merdeux !" Je n'en menais pas large. Pourtant, n'écoutant que mon courage à deux mains, je me suis dit : "Allons, courage, que n'ai-je tant vécu pour voir en un seul jour flétrir tant de lauriers, sans mentir si son plumage est comme son ramage, je ne serais pas le corbeau des hôtes de ce labo". Sur ce, j'ai commencé à m'éloigner dans l'espoir que l'ascenseur serait toujours au dix-huitième. Hélas, trois fois hélas, la porte s'est ouverte toute seule comme je faisais un pas en arrière, et sur un horrible grincement un nuage de fumée s'est échappé de la pièce. "Entre ici Zak Galou !" La voix semblait résonner en dehors et en dedans de moi, comme si une Bene Gesserit m'attendait de l'autre côté, moi jeune Kwisatz Haderach inexpérimenté mais déjà plein d'espoir dans la vie.
Je suis entré.
La chaleur dans ce bureau était horrible - une fournaise qui me fit penser avec nostalgie à la canicule de 2003, et à la petite entreprise de vente de ventilateurs par correspondance que j'avais montée - malheureusement un bête problème d'approvisionnement m'empêcha d'honorer la moindre commande, non sans avoir préalablement encaissé les chèques. Une mauvaise chose en entraînant souvent une bonne, mes clients ne sont plus là pour porter plainte.
On me dit de m'asseoir, mais je ne sais qui parle, ni même d'où vient la voix. Je pourrais être dans un jeu de téléréalité que ça serait du kif-kif-pareil-au-même. J'aperçois une chaise et je m'y asseois, non sans distinguer un gorille dans la brûme.
J'entends un bruit étrange, comme la culasse d'un fusil qu'on actionne ; c'est la fenêtre qu'on ouvre ; le brouillard se dissipe un peu. Je suis assis devant le bureau de ma directrice de thèse. Elle m'observe avec un sourire carnassier qui effraierait même Bubu."

_ Tu bluffes ! l'interrompit Bubu, ce qui lui valut un regard assassin de Little Endian, qui n'aimait pas qu'on s'arrête quand on racontait des histoires.

"Mauricette me désigna alors le tableau sur le mur à ma droite. Elle y avait dessiné ce qui ressemblait aux plans d'un complexe industriolo-militaire, genre un pentagone à sept branches, dont le diamètre pouvait faire entre 300mètres et 2 fois son rayon, minimum.
_ Zakarias, me dit-elle sans utiliser sa voix Bene Gesserit, tu vois ça ? C'est le Laipsiks."
Je bredouillais un acquiescement d'usage, en essayant de mémoriser rapido les emplacements des toilettes des filles aux différents étages. Puis Mauricette me désigna une casserole posée sur son bureau, d'où s'échappait, je m'en rendais compte soudain, une étrange odeur, vaguement familière. Elle me tendit la casserole et en ôta le couvercle.
"Tu vois ça, Zakarias ? C'est de la merde !"
Je jetai un coup d'oeil en prenant un air dégoûté ; je la reconnus tout de suite et m'extasiai en silence sur la qualité de mon odorat.
"Quelqu'un, un homme, s'amuse à aller faire caca dans les toilettes des filles. C'est inadmissible. C'est honteux. C'est cracra.
_ Hum... euh... oui je vois. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?"
Je devais longtemps regretter cette phrase.
"J'ai ouï-dire que tu étais un fervent défenseur des doigts de la femme...
_ Des droits, l'interrompit Zak Galou.
_ Oui. Bref. Ne m'interrompts pas. Je te charge de découvrir qui a fait ça. Si possible prend-le sur le fait, et amène-moi des preuves. J'ai l'intention de faire radier ce sagouin de l'ordre des waters !"'
Je me levai, pensant que l'entretien était terminé.
"Un instant, dit-elle en me tendant une petite carte de visite. Voici le numéro de Géraldine Duchemou, elle va t'aider pour les tests physico-chimiques, elle travaille au CNRS
_ Au ... ?
_ Au CNRS, le Centre National des Retraités Sédimentaires. Bonne chance James !"

"Oh la la mais qui ça peut bien être ce sagouin ?!! s'écria Little, qui non seulement n'avait pas suivi le début de l'histoire, mais en plus faisait preuve d'un enthousiasme pour le moins circonspect.
_ Tu es dans la mouise, fit Pata en se roulant une sèche.
_ Je peux voir la carte de visite stp ?" demanda Bubu.

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jeudi 21 février 2008

La vraie vie de Zak Galou - Episode 42 : Le revers de la cravatte

Ce matin-là, Zak Galou s'était levé tôt. 10h42 clignotait un peu vite et en vert sur le radio-réveil Snoopy, qui hurlait "la Danse des canards" dans une tentative un peu vaine de le sortir de sa léthargie.

Tandis qu'il tendait hors du lit une main vengeresse, dans le but de lui dégommer la truffe, Zak Galou se dit que c'était probablement une bonne journée qui commençait. Las, il râta sa cible et accrocha le napperon de dentelle piqué chez sa tata Rodriguez un jour de spleen ; le chien blanc entraîné par la chute du bras, du napperon et de tout le bordel dont Zak Galou se délestait avant de dormir (dans le désordre, ses lunettes, son élastique à cheveux, ses boules Quiès, sa crème pour pieds secs et son slip de jour), se glissa sous le lit en continuant sa bravade au son de l'Internationale. C'en était trop pour notre héros ordinaire, qui résolut à se lever, non sans avoir arraché la prise multiple qui alimentait sa chambre en électricité. Dans le noir et sans lunette, il batailla ferme avec le rideau pour enfin parvenir à actionner l'ouverture automatique des volets - et la lumière fut.

Une fois arrivé à son bureau, vers 14h30, il effectua la seule action de la journée qui rapproche le thésard de l'informaticien : il regarda ses mails. Il fut d'abord enthousiasmé de constater qu'il avait reçu un mail d'une certaine Mauricette, qu'il ne connaissait ni des lèvres ni des dents. "Ca, c'est ma résolution de la veille qui porte ses fruits !" s'exclama-t-il en son fort intérieur.
"Bonjour Zakarias,
Je souhaite faire le point avec toi concernant ta contribution à la vie sociale du Laipsiks, ce à la suite d'une demande formulée par le CNRS. Merci de passer me voir ce jour dans mon bureau (il se trouve au 18ème étage, première droite en sortant de l'ascenseur, entre la boutique de magie et l'extincteur).
Cordialement, Mauricette (ta directrice de thèse)"
Incontestablement, c'était un coup dur. D'autant que le dix-huitième étage, c'était un peu comme le pouvoir d'achat, tout le monde en parlait mais personne ne l'avait jamais vu. Pire, Zak Galou s'était habillé en casual ce jour-là, n'envisageant pas une minute qu'il rencontrerait si tôt sa directrice de thèse. Il ne pouvait quand même pas se présenter à son bureau dans cette tenue : pantacourt beige, converses oranges, et un tee-shirt violet où trônait le portrait d'un Mao orange. Pris soudain d'une peur panique, il se précipita dans le bureau de Pata, qui jouait à Frozzen Bubble avec son encadrant.
"Pata faut qu'tu m'files un coup de main ! J'ai besoin d'une cravate !
_ Qu'est-ce qui t'arrives ? fit Pata sans détourner son attention de l'écran où de petite billes rouges jaunes vertes et bleues luttaient pour leur survie.
_ J'ai rendez-vous avec ma directrice de thèse !"
Un silence glacial se répandit dans la pièce. L'adversaire de Pata mit son ordinateur en veille et se leva : "On continuera plus tard". Pata se passa une main dans les cheveux, livide.
"Ca alors ! Et ça te tombe dessus comme ça, sans préavis ni rien ?
_ Non ! Rien ! Hier je suis allé faire caca dans les toilettes des filles, et ce matin j'ai un mail de ma directrice de thèse qui veut me voir ! Il paraît que le CNRS veut me voir !!!
_ Le quoi ?
_ Le Comité de Nanas contre les Ringards Sexistes. Je suis foutu Pata ! Foutu !
_ Pas de panique voyons, ce n'est quand même pas la première fois qu'un thésard est convoqué chez sa directrice de thèse ! Tu es allé voir sur Doctissimo s'ils connaissent les symptômes ?
_ Mais non je n'ai pas le temps ! Je suis en sursis de la vie ! se mit à hurler Zak Galou en devenant rouge comme un communiste. Il me faut une cravate, une veste, quelque chose qui fasse top la classe ! Si je me pointe comme ça, je suis bon pour finir en SSII !!
_ Je n'ai pas ça ici mon vieux, tu as demandé à Nono ? C'est un grand, il doit savoir où on peut trouver un costume et une cravate à cette heure-ci."
Nos deux héros partirent alors dans les couloirs du Laipsiks, direction la salle de pause. C'était le seul endroit où ils avaient jamais vu Nono, et ils espéraient l'y trouver en train de faire une démonstration de la manière d'obtenir deux bouteilles d'eau pour le prix d'une.

Par chance, Nono était bien là, en train de faire une démo à un car de touristes japonais venus exprès pour ça. A la fin de la représentation, alors que Nono passait entre les gens, une casquette de canard (avec un bec-visière et des oreilles) à la main, Zak Galou l'interpella :
"Nono j'ai besoin de toi !
_ Ah salut Zak, salut Pata, vous auriez pas une ptite pièce ? C'est pour le pot de fin de mois de février qu'on organise avec le département."
Après avoir consciencieusement déposé une pièce rouge dans la casquette, Zak Galou revint à la charge, expliquant son problème.
"Ecoute, lui dit Nono, j'ai un rappel à faire, puis je dois tourner le bonus de mon prochain DVD. Ca va s'appeler "Tour de magie et blagounettes". Après si tu veux, je te montrerais un agent VDL qui fait les noeuds de cravate."

Dépités, nos deux héros profitèrent du rappel de Nono, qui comprenait, entre autres, l'escamotage d'une barre chocolatée dans sa manche, pour s'éclipser.
"Le problème avec Nono, dit Pata, c'est qu'il pense qu'au taff !"

Après cela, ils n'eurent d'autres choix que d'aller voir Little Endian, qui jouait à "Dessinez plus c'est gagner plus" avec ses collègues de bureau. Pata, qui a de l'humour, lui dit :
"Dis Little, tu aurais pas une cravate sur toi ? Une cravate de notaire ferait très bien l'affaire !
_ Ah non, désolé, je ne connais aucun notaire."
Zak Galou monta sur ses grands canassons :
_ Ecoute Little, c'est une question de vie ou de claque dans la gueule ! Il me faut une cravate !! Je ne peux quand même pas me pointer devant ma directrice de thèse habillé comme un junkie slammeur du 7-8 !
_ Euh ben si tu veux, on peut s'arranger", proposa-t-elle en attrapant un stabylo bleu.

C'est ainsi que, quelques minutes plus tard, arborant un grand sourire satisfait, Zak Galou se présenta devant sa directrice de thèse, son tee-shirt Mao orné du dessin d'une admirable cravatte rouge à pois bleus.


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mercredi 20 février 2008

La vraie vie de Zak Galou - Episode 41 : Idée & IA (faut le dire vite)

Alors qu'il abordait le second semestre de sa seconde année de thèse, Zak Galou se sentait aussi enthousiaste qu'un manchot à qui l'on dit "Haut les mains !".
Bien sûr, il était conscient de ses privilèges : le monitorat à moins de deux heures du labo, le labo à moins de deux heures de son domicile (ce qui, je le précise à l'égard des voyageurs de commerce, lui faisait moins de quatre heures de transport pour se rendre de son domicile aux salle de classe high-tech où il professait à de jeunes imbéciles bouffis d'ambition, je cite, "que dans la vie, faut ce qui faut et pas plus, et que la programmation en C C de la programmation") ; cependant, malgré cette chance insigne de pouvoir pratiquer plus de sept lignes de trains différentes en une seule journée, il se sentait végéter.
Il le disait souvent au personnel d'entretien qui chaque jour venait vider sa poubelle pleine des photocopies de sudoku et mots-croisés qu'il allait chiper au département "Recherche Opérationnelle" - un département qui s'attache à la démonstration théorique que c'est pas facile la vie de voyageur de commerce sur le grand échiquier de la vie, surtout quand on est poursuivi par N dames ; un département qui se démarque, par exemple, du département "Système multi-thésards", dont la démonstration du même problème s'attache aux cas pratiques, via l'interrogation de mappy et/ou via-michelin ; qui se démarque également, pour être exhaustif, du département "Animat Lab", qui cherche à compliquer la tâche du voyageur en ajoutant des rats sur l'échiquier.
"Je t'envie un peu", disait-il en philosophant sur les troublantes similitudes entre leurs deux conditions - rémunération, reconnaissance - non sans rêver aux distinctions, notables : valorisation de l'ancienneté, joie de l'uniforme, visite des bureaux des chefs en toute impunité.

Au fond, Zak Galou le savait, ce n'était pas tant le fait qu'il n'avait toujours pas le début du commencement de la queue d'une idée qui l'embêtait, mais bien le fait qu'il ne savait pas s'il atteindrait le poste de professeur des universités sans que cela se voit. Il évitait ainsi soigneusement Nono, qui avait eu une idée un jour, et Bubu dont les idées royalo-fabiusiennes se résumaient aisément à des slogans chocs tels que "La rémunération au mérite, je le mérite" - et Zak Galou avait conscience qu'au mérite il était un peu just.

"T'inquiètes mon vieux, lui dit Pata en salle de pause. Tu as déjà eu plein d'idées méga-top !
_ Ah ?
_ Meuh oui ! Ton idée que chaque thésard connaisse le nom d'un stagiaire disparu après les soutenances, c'était brillant ! Et ton idée de lire à chaque début de TD la lettre de Guy Toqué, ce thésard promis à un avenir médiocre, dont la bourse a été supprimée parce qu'il voulait faire de la recherche fondamentale, ça a eu un succès monstre !
_ Ben... je sais pas... peut-être... Mais bon, c'est pas ça qui va m'aider à choper des gonzesses !
_ Ecoute, fit Pata d'un ton définitif, ce qu'il te faut, c'est un voyage qui forme la jeunesse, une odyssée dans les bas-fonds du trou du cul du monde, genre "into the wild" dans la jungle birmane (Pata avait vu sur le Patastream le film de Cheune-Stylo et le dernier Rambo)
Zak Galou médita un moment les paroles pleines de bon sens de son camarade.
Puis il se leva, brossa soigneusement les miettes de Papy-Brossard qui ornait son pantalon de velours rouge, il agita sa queue de cheval (ses cheveux, voyons !), puis, avant de quitter définitivement et pour au moins dix minutes la salle de pause, il dit :
"Tu as raison Tapa, c'est exactement de ça dont j'ai besoin.
_ Ah je suis content que tu te ranges à mon avis ! Alors ? Que vas-tu faire ?
_ Je vais aller faire caca dans les toilettes des filles."

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samedi 30 juin 2007

In which case everything is trivial

Le retour de la vengeance du point b du corollaire 5 de la demonstration 7.



J'ai ri, mais Oh! j'ai ri, en voyant cela. Et afin que ceux qui nous lisent avec elinks car trop pauvres pour acheter une carte VGA puissent rire aussi :

Example 5.7. (More on empirical processes) Sometimes, the X_{n} take values in a subset D ⊂ l∞ (F) admitting a Polish topology. If the X_{n} are also measurable and converge in distribution under such topology, something more can be said. To be concrete, suppose X = [0, 1] and F = {I[0,t] : 0 ≤ t ≤ 1}. Let D be the set of real cadlag functions on [0, 1], D the ball σ-field on D with respect to uniform distance, and

X_{n}(t) := X_{n}(I_{[0,t]}) = \sqrt{n}(\frac{1}{n}\sum_{i=1}^{n}I{ξi ≤t} − P (ξ1 ≤ t)), t ∈ [0, 1].

Then, X_{n} : Ω → D and X_{n}^{-1} (D) ⊂ A. If D is equipped with Skorohod topology, the Borel σ-field on D is D and X_{n} converges in distribution to a probability measure µ on D. Since D is Polish under Skorohod topology and µ{x} = 0 for all x ∈ D (unless ξ1 has a degenerate distribution, in which case everything is trivial)


L'article incriminé est celui-ci.

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Les réflexions de la machine à café :

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A consommer avec modération tout abus sera puni, bloguer tue et réduit la fertilité, n'oubliez pas la damepipi a l'entrée etc. etc.