samedi 15 septembre 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou : Episode 36, dernier épisode

Grâce à son entraînement au iogging, Bubu prit rapidement les devants. Mais, comme le tabac tue et provoque des maladies respiratoires pouvant entraîner trachéotomie, ablation de la langue et pourrissement des gencives, notre héros ordinaire dut bien vite s'arrêter à genoux dans la boue du chemin pour reprendre son souffle. Il fut alors ratrappé par l'hôtesse de l'air, qui courrait sans bien comprendre pourquoi mais aimait beaucoup ça (rappelons qu'il s'agit d'une femme), ce qui donna à Bubu un regain d'énergie. Il se mit alors à courir derrière elle (notons que le mot important ici pour Bubu est "derrière").

Zak Galou s'arrêta de l'autre côté du ruisseau. Il avait les tennis mouillées et c'était embêtant parce que ses connaissances pousées en logique déductive d'inférence lui indiquaient qu'il aurait bientôt les chaussettes mouillées aussi. Bon, le temps d'y penser et ça y était. "Saperflûte, se dit-il. J'ai atteint les limites de la logique classique". Il s'assit alors par terre pour enlever ses chaussures, non sans une pensée émue envers ses cours de MORA (LCNC pour les pro), enfin ceux où il était allé.

A l'avant, Bubu derrière l'hôtesse devançait les poursuivants : Totobubu avait perdu un temps précieux à briefer ses pigeons afin qu'ils retrouvent la jeune femme ; quant à Nono, il s'était
auto-désigné comme voiture-balai de l'équipe : "On est une équipe, on doit arriver tous ensemble, au rythme du plus faible d'entre nous, on est les B-A-B-I-BELOUS !! ", et était donc reparti vers le campement pour trouver Morbeth. Après un quart d'heure de course dans les bois, l'hôtesse s'arrêta pour se remaquiller : "Ouf, c'est que ça fait longtemps que je n'ai pas fait ma gym, je suis toute engourdie ! expliqua-t-elle à Bubu qui s'obstinait à rester tout près d'elle, pour le cas où.

Alors que Zak Galou réfléchissait à un moyen de faire chécher ches chauchettes par l'intelligence artificielle, une jeune femme sortit des bois pour venir remplir sa gourde dans le ruisseau (non, personne ne veut remplir d'eau l'hôtesse de l'air, voyons !).
Zak Galou : "Eh bonjour toi, j'ai l'impression qu'on s'est déjà vu quelque part, non ? Tu prendrais pas la ligne 14 ?
_ Oh non, moi la pêche ça n'a jamais été mon truc. Ptet qu'on s'est vu à une réunion du cartel ?
_ Une réunion de quartier tu veux dire ? Ben j'habite pas ici, mais je viendrais ptet à la prochaine. Vous faîtes des crèpes ?"
La jeune femme secoua la tête et reboucha sa gourde (il ne s'agit pas non plus ici de l'hôtesse de l'air). Zak Galou décida après avoir peser le pour, le contre et le peut-être-je-sais-pas-trop de poser ses chaussettes par terre afin qu'elle sèchent au soleil le lendemain. L'inconvénient c'était qu'il allait devoir passer la nuit pied nu. Le cours de MIA en planification non linéaire (page 9) était formel la dessus : on ne peut mettre sa chaussure droite que si on a déjà mis sa chausette droite (et inversement).

"Eh Zak Galou, ça roule, qu'est-ce que tu fais ? demanda Morbeth qui s'était laissé convaincre par Nono de rentrer dans la danse.
_ Je surveille mes chaussettes pour pas qu'on me les vole avant qu'elles soient sèches.
_ Ben moi je vais me rouler une sèche, blagua Morbeth en joignant le geste à la parole avant de s'éloigner dans les bois même pas un peu honteux;
_ Dites, fit la jeune femme à Zak Galou, vous connaîtriez pas une meuf qu'est tout petite, avec des lunettes ?
_ Clemi ? C'est pas une femme, il a juste une thyroïde surpuissante. En plus il est grand et il a pas de lunettes. Mais bon de toutes façons il est pas là, en ce moment il fait les vendanges dans le domaine de Scott.
_ Avec un sac à dos énorme ?
_ Ah ouais ok ! Little ? Ouais je la connais. Pourquoi toi aussi t'habites la Courneuve ? Tu prendrais pas la ligne 14 des fois ?
_ Tu saurais pas où elle est ta copine là, j'avais rendez-vous pour une livraison super importante de bicarbonate de soude en poudre."
Zak Galou chasse une grosse mouche noire qui s'était posée sur l'une de ses chaussettes.
"Nan elle doit être aux toillettes, dit-il. Au fait, je m'appelle Bob, mais tu peux m'appeler Tartempion. Et toi ?
_ Ingrid.
_ Ah tiens c'est marrant, justement on recherche une meuf qui s'appelle Ingrid." dit Zach Galou, toujours très à propos.
La jeune femme prit un air suce-pis-cieux, ce qui n'est pas très joli, même sur une franco-colombienne.
"Ah ?
_ Oui, souviens-toi des premiers épisodes il y a six mois, au tout début de l'été : Little Endian a inventé tout un barratin à la Sarkozizi pour qu'on vienne libérer un étage en Afrique australe du Sud.
_ Un otage ?
_ Ouais, enfin une fois arrivé à Maracas, tout en rez-de-chaussée, pas un immeuble rien! Du coup, heureusement qu'on a rencontré Groh Lanta pasque bon, tu vois quoi.", écrivit le scénariste principal dans l'espoir de convaincre le lecteur.
Ingrid, qui ne voyait pas, opina donc de la tête.
"Mais là, on est sur l'île de Ré", objecta-t-elle.
_ Odile de Ré, ouais j'ai déjà entendu parler, vous devez être sa soeur ou peut être une fille de sa mère? Demanda Zak Galou dont les premiers tds de prolog ne cessaient décidement pas de servir.
_ Non je suis le pape.
_ Oh ok, ca tombe bien je cherche un appartement en ce moment, bon vous m'excuserez faut que j'y aille : je dois prevenir les autres, ca sert à rien qu'on continue de chercher si on est même pas sur le bon continent; expliqua convaincu Zak Galou sans même recourir à la logique flou du second ordre.
_ Et vos chausettes?
_ Ah juste! Et bien en supposant qu'elles sont mouillées aujourd'hui et qu'elles seront sèches demain, vous etes d'accord qu'on peut généraliser en disant qu'elles sont mouillées à l'instant t et qu'à t+1 elle le seront plus. Cependant dans le mesure où c'est le soleil qui les séchera demain, qu'il y a eu du soleil aujourd'hui, et que les t d'hier sont les t-1 d'aujourd'hui, rien ne nous empèche de considérer qu'on est à t+1. Donc elle sont sèches, cqfd. Et oui c'est ca la puissance de l'intelligence artificielle. Allez, au revoir 'mdame.

Zak Galou s'éloigna en faisant floc floc.

Est-ce le dernier épisode des aventures extraordinaires de Zak Galou? Vous le saurez en lisant le prochain épisode des aventures extraordinaires de Zak Galou!

Blagues drôles : (c) Glou
Espaces entre les mots : (c) ZG
Epsilons entre les lettres : (c) Little

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lundi 10 septembre 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 34 : Apocalypse Nono

La victoire des Grococos à l'épreuve de confort plongea les Babibelous dans un profond désarroi - pire qu'un amphi de quatre heures un lundi matin. Conspués par Deni Groniar, qui n'en manquait pas une pour être très méchant, ils retournèrent à leur campement sur la plage ensoleillée où, par ailleurs, coquillages et crustachiés, qui l'eut cru déploraient la perte de l'été, qui du coup allait pas tarder à s'en aller.

Zak Galou, comme tout bon chercheur à l'estomac délicat, avait su contourner le problème du déjeuner en dissimulant soigneusement les asticots composant le menu dans ses cheveux - "Et évitez d'aller dans les oreilles, il y a déjà les boulettes du couscous de Lapin Rose et je suis pas sûre qu'elles soient bonnes, même pour vous", leur conseilla-t-il aimablement. Pata, que le manque de café rendait aggressif, avait décidé comme on l'a vu à l'épisode précédent de filer les Grococos dans l'espoir de récupérer le café ; on sait également ce qui lui est arrivé.
Nono était le plus dépité d'entre tous - et pas seulement parce qu'il n'avait pas pu chanter le cri de guerre de la victoire, une subtile variation du cri de guerre de base qu'il avait formalisée sous forme d'une relation d'héritage, s'attirant les moqueries de Morbeth sur l'héritage Mitsouko.
Non, le vrai malheur de Nono, en cette fin de mois d'août, c'était le retard que prenait la recherche d'Ingrid au profit de ces épreuves à la con. Il était plus que temps pour lui de revenir à Paris s'il ne voulait pas râter la rentrée de Petinono en cours élémentaire deuxième niveau. Prétextant une envie de sujet d'exam, il s'isola derrière un buisson et ôta sa chaussure droite, dont il tapota la semelle avant de la plaquer contre son oreille.
"Allo ? fit Petinono à l'autre bout de la chaussure.
"Ecoute, maman est près de toi ? Il faut lui dire maman c'est quelqu'un pour toi.
_ Ah salut papa ! Alors comment ça se passe en Colombie ?
_ Bon, tu te rappelles quand Han Solo est fait prisonnier par Jabial le forestier, au début du retour du Gédaille ? Ba là c'est pareil sauf qu'on a toujours pas trouvé la princesse Leia, tu vois la genre ?
_ Oula, ça craint grave sa mère !
_ Oui bon, je peux lui parler ?
_ Bon je vais la chercher, mais je crois qu'elle est dans son bain et je sais pas si elle va pouvoir venir."
Petinono mit son père en attente, sur le tube de la rapeuse Diam's, intitulée "Génération Nono", et celui-ci songea qu'il fallait qu'il interdise à son fils d'écouter MFM les mélodies qu'on aime.

[Par soucis du respect de la vie privée, et suite aux nombreux procès intentés à des journaux infiniment sérieux pour cause d'une simple photo sur la plage, la rédaction du LST a décidé de flouter la conversation qui s'ensuivit]

Zak Galou, peu après le retour au motel, avait décidé de faire une ballade roborative dans les bois, dans l'espoir "dy dénicher une biche ou deux pour faire une belotte". Comme tous les vendredis, il s'était habillé casual, c'est-à-dire jeans, baskets et tee-shirt du Che façon Warhol. Il marcha longtemps très longtemps, en appelant parfois "Bibiche, bibiche !" mais sans succès. Il faut dire que les biches ont été pas mal chassées en Colombie, notamment pour leurs défenses, et qu'il n'en reste pas beaucoup qui connaissent la belotte. Il gravit sept collines (en hommage à sa tata rodriguez de Lisbonne) et atteint une vallée luxuriante, dont la beauté le fit s'exclamer : "Oh médidon c'est drôlement joli par ici, on dirait un petit val qui mousse de rayons et au milieu coule une rivière !" Les rigueurs du jeu l'ayant empêché de se laver depuis plusieurs semaines, il profita du lit de la rivière pour s'y coucher nu, ses vêtements soigneusement pliés et dissimulés dans les joncs qui plièrent mais ne rompirent point.
Il en était à la deuxième manche du duel "Laure Manaudou contre l'homme de l'atlantide" lorsque, essouflé, il résolut de sortir de l'eau.

Un grand cri d'horreur pure jaillit cristallin dans l'air pur de cette fin d'après-midi.
Zak Galou, qui pourtant était très courageux, crut qu'il y avait un danger et se mit à hurler lui aussi en agitant les bras comme Bubu le lui avait appris ("tu comprends, lui avait expliqué le grand héros, s'il y a un danger imminent, ça permet d'avertir la population locale, tout en faisant affluer le sang au cerveau, ce dont on a toujours besoin dans ces moments-là").

Puis il aperçut la femme qui criait, de l'autre côté de la rivière, et il se dit : "Tiens c'est marrant on dirait qu'elle regarde dans ma direction". Il cessa donc de crier et lui fis un petit signe de la main, qu'il voulait amical mais qui poussa la femme à disparaître dans les sous-bois.
Zak Galou n'était pas du genre à ressasser toute la journée les aventurex extraordinaires qui lui tombaient dessus, aussi enfila-t-il tranquillement ses vêtements en repensant à la victoire de Flipper le dauphin dans le grand concours d'apnée qu'il venait d'organiser.
Il en était à la remise des médailles et au troisième couplet de la marseillaise, "le plus poignant", lorsqu'il se dit à brûle-pourpoint "c'est fou on aurait dit Ingrid la nana qui criait tout à l'heure, c'est dingue la vie quand même, ça nous fait de ces coincidences !"

Après le dîner ce soir-là, alors que les Babibelous buvaient leur spleen à la terrasse du motel, Nono se leva pour faire une déclaration :
"Babibelouses, Babibelous, mes chers compagnons d'aventure, comme disait le sage Consciencius, dans la vie il y a un tout pour temps, et chaque chose à sa place pour les vaches seront bien gardées..."
Il y eut un léger flottement dans l'assistance, tous ne parvenant pas à démêler la portée philosophique dans les propos du jeune chef des Babibelous.
"Bref, nous avons subi une défaite aujourd'hui. J'en assume la pleine responsabilité et j'ai décidé de me retirer de la vie de l'aventure ! Je rentre dés ce soir à Paris".
Tous essayèrent de le convaincre de rester, d'autant qu'il fallait bien quelqu'un pour relire leurs rapports de stage et autres articles, mais Nono était trop déprimé pour surseoir à sa décision. "Déconne pas Nono, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve dans la vie ! lui dit Zak Galou, regarde aujourd'hui on a paumé, mais il y a des signes qui doivent nous faire garder espoir ! Pas plus tard que tout à l'heure, en plein désarroi cosmique, j'ai croisé une fille qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à Ingrid, et ben je pense que c'était un signe qu'il ne faut pas perdre espoir !"
Comme à son habitude de s'écouter parler, Zak Galou enchaîna sur un discours mêlant citations historiques et percées philosophiques majeures, si bien qu'il ne remarqua pas le brusque ramdam de ses compagnons, qui rassemblèrent en tout hâte leurs affaires, y compris les sacs à dos alors que c'étaient super lourds.
Quand ils furent tous prêts, Nono leva la main pour l'interrompre :
"Tu m'as convaincu Zak Galou, maintenant conduis-nous à l'endroit où tu as croisé cette femme qui ressemblait à Ingrid !"

Ce qu'il advint de nos deux équipes, parviendront-ils à sauver Ingrid, qui gagnera le jeu, qui expliquera le rôle trouble de la femme de chambre de Bubu, quand Pata et Glou cesseront-ils de révolutionner la pop-music dans leur trou, vous saurez tous ça (si on pense à tout), dans l'ultime épisode (environ) de la grande saga de l'été !

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jeudi 6 septembre 2007

Les extraordinaire aventures de (toujours pas) Zak Galou : au fond du piège

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mercredi 5 septembre 2007

Minute pub : les agents VDL présentés par Nono

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mardi 4 septembre 2007

les extraordinaires zaventures de ZG des autres : la suite

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mercredi 29 août 2007

Les supers aventures extraordinaires de ZG le conquérant : Lost in Blue


Ne pleurez pas, ils vont surement s'en sortir ! (enfin, normallement)

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dimanche 12 août 2007

Les aventures extraordinaires de ZG coté Grococos : Le café et la recherche


[1] http://www.baharris.org/coffee/Physics.htm (excellent site pour tout savoir sur les cafétières !!)

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mardi 7 août 2007

La suite des aventure de ZG and co sur lille extraordinaire : les résultats de l'épreuve !

Voilà enfin les résultats !
La suite dans la suite de cette bd bientôt !

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mercredi 1 août 2007

Les aventures extraordinaires de ZG : Madame est servie !

Qui est donc cette mystérieuse femme de chambre qui offre généreusement, même pas sous la menace, un bon plat de vers ? Vous le saurez en lisant la suite des aventures du LST en Colombie !

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mardi 24 juillet 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode oulala déjà 32 : Le Retour du Roi (ah non,c'est juste Bubu)


"Mais merde, tu penses un peu à Ingrid, qui est toujours dans la jungle, terrible jungle ! Et Renaud qui continue de chanter ! Comment on va faire ? demanda Manu à la lune, mais la lune n'était pas là et Manu songea que la lune se moquait de lui.
Alors qu'il rentrait au motel Florent Pagny de la Pampa, il trébucha et s'étala de tout son long - même si ça fait pas haut, c'est toujours déplaisant. Agacé, il donna quelques coups de pieds en aveugle sur cette racine qui venait de le faire tomber. "Oh ça va bien dans ta tête non ?" couina Bubu, car c'était lui, qui s'était déguisé en racine pour passer la nuit.
"Bu... bubu ? C'est bien toi ?
_ Oui c'est moi. J'ai résolu le mystère de l'île.
_ Le mystère de Lille ... tu veux parler de Martine Aubry ?
_ Meuh non bougre de con, le mystère de l'île ! Aile-apostrophe-i-aile-euh !
_ Ah ok !"
Manu soutint Bubu tandis qu'ils retournaient au motel, tout en s'interrogeant encore sur le sens des propos de Bubu. "Le pauvre, se dit Manu, il est complètement cramé de la ciboulette !"



Bubu fut conduit à la chambre qu'on avait réservé pour lui ; il était si faible qu'il se mit à délirer, marmonnant des paroles sans lendemain : "tintin et milou ... you bastards ! ... comment ? oh lala ... lol ... Little ... Non ... non ... pas vous capitaine haddock ... oh mon dieu non !". Il demeura alité jusqu'au lendemain matin, un aide-soignant près de son lit pour le cas où il serait pris de fièvres tropicales.

Heureusement, lorsque l'équipe des Grococos au grand complet lui apporta son petit-déjeuner au lit le lendemain matin, Bubu semblait avoir retrouvé des forces.
"Vous savez les amis, dit-il visiblement ému par la jeune femme du service d'étage qui ajustait une serviette autour de son cou de poulet, je suis allé jusqu'au bout de l'enfer, et perdu au fond du gouffre, dans l'obscurité toute noire, c'est en pensant à vous que j'ai trouvé la force de revenir, bravant les dangers les plus dangereux et ce au péril de ma précieuse vie ! Comment aurai-je pu vous laisser sans chef ? Sans moi, il est clair que vous n'auriez eu aucune chance de retrouver Ingrid ...
_ A ce propos, intervint Flo Galou, on t'a pris cette chambre sur le fond commun, il serait bon que tu remboursâs au plus vite, c'est-à-dire tout de suite.
_ Que je remboursâs ? s'étrangla Bubu dans sa biscotte.
_ Oui, remboursâs, répéta Flo Galou qui était friand de subjonctif. Du verbe rembourser, du latin remboursare, remboursarum, remboursarosis, qui signifie rembourser, et dont l'utilisation au cours des siècles a donné des expressions telles que : "rembourser nos invitations" ou encore "une baguette bien cuite".
_ Argh ! Si je n'étais mourant je te botterais le cul, vil, infâme ! Comment oses-tu me parler de rembourser après tout ce que je viens de donner pour vous !"
Vaguement mal à l'aise, Manu intervint pour se ranger dans le camps de Bubu. Morbeth, lui, était plus intéressé par le secret de l'île - il avait l'intention de vendre l'histoire à prix d'or au premier magazine pipole qui passerait.

"Oui, j'ai découvert le secret de cette île, fit Bubu avec un grand sourire. D'ailleurs, j'ai pris le soin de prévenir Little Endian, qui va rejoindre notre équipe - elle aussi est au courant pour le secret.
_ Mais de quoi s'agit-il ? s'impatienta Flo Galou.
_ C'est simple, ce secret, c'est ..."
A ce moment Bubu s'interrompit de lui-même, la bouche grande ouverte, incapable de plus prononcer un mot. Sa biscotte tomba de sa main droite, sa main gauche tomba de la cuisse de la femme de chambre, il fut pris d'une violente crise de catalepsie qui renversa le plateau-déjeuner.

Effarés, les Grococos firent venir le médecin de l'aventure, qui diagnostiqua une paralysie totale suite à l'absorption d'un poison... Tous se regardèrent les uns les autres, ce qui n'était pas pratique vu qu'ils étaient en nombre impair et que cela obligeait Morbeth à regarder par la fenêtre. C'est alors qu'il vit avec stupéfaction le derrière de la femme de chambre qui fuyait dans les bois.
"Là, regardez ! Le derrière de la femme de chambre qui fuit dans les bois ! s'écria-t-il tout à son émotion.
_ Oh puté ! fit Manu qui savait apprécier ce genre de sport.
_ Elle est carrément bien roulée, la gonzesse ! enchérit Flo Galou en sentant s'éveiller son intérêt.
_ Ouais clair, fit le médecin de l'aventure, et encore là elle n'est pas en tenue de femme de chambre, je vous montrerais les vestiaires du personnel si vous voulez !"
Tout à leur contemplation, ils ne remarquèrent pas le pauvre Bubu qui se mettait à baver sur l'oreiller, tout tordu suite aux manipulations du médecin.

"Ca ne nous dit pas qui a bien pu empoisonner Bubu, remarqua Manu, incontestablement le plus intelligent de l'équipe.
_ On n'aura qu'à demander à la femme de chambre, quand elle reviendra, si quelqu'un s'est approché de la tasse de café de Bubu, fit Flo Galou, incontestablement le plus artificiel des trois.
_ Bon, on va se prendre une bière ?"

En milieu de matinée, ils apprirent que les infirmières bulgares avaient été libérées par Cécilia. Ils faillirent en tomber de leur chaise de dépit.
"C'est pas croyable ! s'exclama Flo Galou, la droite ne respecte donc plus rien ? Il faut qu'on se grouille, sinon ils vont libérer Ingrid avant même qu'on ait eu le temps de finir notre pinte !
_ La même chose !"
Morbeth supportait assez mal la chaleur torride des tropiques - ou alors il aimait beaucoup la bière, ce que nous ne nous permettrons jamais de supputer.

Dans l'après-midi, Denis Grogniard leur amena Little Endian, qui venait d'être retrouvée en pleine forêt après trois jours d'errances avec Psycharpax et des pigeons. Elle n'avait pas l'air très en forme.
"Je m'a perdu, hi hi hi ! avoua-t-elle en rigolant. Heureusement que j'a tombé sur Psycharpax qui m'a indiqué le chemin, sinon j'aurai encore été à réfléchir si je dois prendre à droite "Pour sauver Ingrid - 2km" ou à gauche "Pour faire autre chose - 2km" !
_ Bon, pour fêter l'arrivée de Little, je propose une tournée générale ! s'exclama Morbeth.
_ Little, il paraît que tu connais le secret de l'île ? intervint Flo Galou.
_ Bien sûr ! C'est l'île de la tentation ici. Enfin, de l'autre côté de la jungle. Hé, mais où vous partez tous en courant ??"

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lundi 23 juillet 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 31 : Nono vs Père Fouras

Nono s'enfonça dans la jungle, conscient que de la recherche du jambon-beurre perdu dépendait la survie de toute son équipe. Dans le même temps, en tant que fin ontologue - pour les non-initiés, un ontologue n'est pas le lointain cousin de l'ornitologue, c'est le rigolo scientifique qui s'occupe d'ontologie, comme l'oncologie mais avec du thé - Nono remarqua que son sandwich n'était pas vraiment un jambon-beurre, vu qu'il n'y avait que jambon dedans et même pas de fromage, celui-ci ayant mystérieusement disparu ... Quoiqu'il en soit, sitôt qu'il aurait récupéré ce sandwich, abandonné google-savait-où par cette gourdasse d'hôtesse, Nono pourrait nourrir la volaille que totobubu traînait toujours derrière lui ; puis sitôt nourri, sitôt transporté de l'autre côté de la rivière aux piranhas, il ne leur resterait plus qu'à découvrir leur campement ! En vérifiant son arbre de décision, Nono était plutôt fier de la linéarité de son chaînage avant.

Il courut à l'aveuglette pendant une dizaine de minutes, puis s'arrêta pour reprendre son souffle. Il prit conscience dans le même temps qu'il était complètement perdu ; il eut alors le réflexe d'appeler Nicole pour lui demander un plan de la jungle, mais il se rendit compte que, non seulement il était déjà 14h30 et qu'elle avait dû rentrer chez elle, mais de plus comme il était perdu il aurait un mal de chien à lui expliquer où il était.
Nono était un aventurier dans l'âme, comme le laissait présager ses lectures enthousiastes de Terry Pratchett et Picsou-magazine, aussi essaya-t-il de se mettre dans la peau des aventuriers les plus célèbres qu'il connaissait.
"Voyons, songea-t-il, que ferait Luke Skywalker, perdu sur Endor, seul, sans arme ni nourriture ? Il se mettrait à chialer ... bon mauvais exemple. Que ferait Frodon le hobbit, égaré en Mordor ? Hum, il irait couiner dans le giron de Sam Sagace ..."
Nono se gratta la tête, à la recherche d'un meilleur exemple.
"Que ferait Passepartout de Fort braillard, celui qui guide les casse-cous dans les traquenards ?"
A cette auto-interrogation surprise, Nono répondit aussitôt et se remit à courir dans tous les sens, prenant exemple sur le troisième de ses héros préférés, le plus grand par la taille.

Il courut pendant une dizaine de minutes, anéantissant le record de jogging établi par Bubu (4'57 sans attaque cardiaque), puis tomba nez-à-poitrine avec un grand viellard aux cheveux longs et blancs, et dont la barbe neigeuse coulait jusqu'aux genoux.
"Ho ho ho bonjour Nono !
_ Père Noël ? fit Nono, qui avait toujours eu un doute sur son existence et se voyait ainsi récompensé.
_ Mais non bougre de con, je suis le père Fouras !
_ Oh père Fouras ! Quelle agréable surprise ! Vous allez pouvoir m'aider à retrouver mon sandwich !
_ C'est pour ça que je suis là, grelotta le vieux fou en tirant de sa poche le fameux sandwich jambon-pain. Mais d'abord, il va te falloir résoudre une petite énigme ! Si tu échoues, je jetterais le sandwich dans la mer !"
Ce faisant, il lui désigna à sa droite une mare putride couverte de nénuphars et de grenouilles coassantes, qui semblait ne faire pas plus de 30 centimètres de profondeur.
"Pose ta question l'ancien ! fit Nono, tout content de participer à un jeu.
_ Mon premier est un mot anglais signifiant fenêtres ...
_ Ah mince ! J'ai oublié mon mini-dico-franco-anglais ! Saperlotte c'est trop bête ! ragea Nono qui pourtant s'y connaissait. Ahlala, dommeage que Bubu ne soit pas là, il paraît qu'il s'y connait grave en langue étrangère ! On raconte que pendant une conférence au Japon, il aurait rencontré plein de langues étrangères, et que même que là-bas maintenant il est aussi célèbre qu'Alain Delon et Mireille Mathieu !
_ Mon deuxième, continua le père Fouras, dont la statue à Okinawa était un symbole phallique si important que les femmes japonaises venaient y faire ce qu'on fit à Victor Noir à Paris, est la concaténation d'un onomatopé du nourrisson et du lieu de naissance du magicien d'Alice au pays des merveilles ... Je suis ... je suis...
_ Ah crap ! C'est vraiment compliqué-compliqué ! pesta Nono. Pourtant je m'y connais en gosse et en onomatopés ! Alice au pays des merveilles ... ça me dit quelque chose...
_ Vous avez des propositions ? fit le père Fouras, affable, d'autant qu'il était sûr de gagner.
_ Alice ... qu'est-ce que ça peut bien être ... Houhou ? Tout est transparent ?
_ Non non non, troisième indice : je suis un système d'exploitation très célèbre ... qui suis-je ? acheva le père Fouras dont c'était le coup de grâce.
Nono en était à s'arracher les cheveux. Il énuméra tous les OS qu'il connaissait, de Debian à Safari, mais il ne parvenait pas à trouver la réponse.
"Je vais jeter le sandwich à la mer ! Attention ! clama le père Fouras qui avait des faux airs de Hubert Reeves quand il s'excitait, dernière chance !"

Nono était desespéré. Il avait BESOIN de ce sandwich, mais il n'avait pas la réponse. C'était sa dernière chance et il n'avait pas le choix. Mettant à profit son long entraînement de judoka, il donna un grand coup de pied dans le genou au père Fouras, qui hurla "ouile ouille ouille purée ça fait mal", avant de se reprendre et de lancer un direct du droit vers la mèche de Nono.
Mais celui-ci était un sportif accompli : il effectua un demi-tour sur lui-même en poussant un petit cri japonais qui signifiait approximativement "Ayou-ken", puis prit le jambon des mains du vieux barbu, avant de l'achever d'un coup de tête dans le plexus - il ne pouvait pas se permettre de sauter pour atteindre le visage, le terrain étant un peu trop spongieux. Le père Fouras, terrassé, chut dans la mare.

Quelques heures plus tard, Nono retrouva l'endroit où il avait laissé son équipe - mais tous étaient déjà passés de l'autre côté, en utilisant la bonne vieille technique du chou-chèvre-loup - et en s'aidant d'un cadavre en putréfaction qui était venu s'échouer là et dont les piranhas s'occupaient dans le même temps. Nono sauta sur le dos du cadavre pour les rejoindre, toute l'équipe l'accueillant dans une clameur joyeuse - surtout quand il exhiba le reste du sandwich, qu'ils se partagèrent en parts égales, et dont, durant la bonne nuit de sommeil qui s'ensuivit, ils révèrent tous comme au plus succulent des banquets.


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dimanche 22 juillet 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou dont vous êtes le héros - Episode 30


A vous de jouer ! :D

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mercredi 18 juillet 2007

Les Aventures Extras du Jambon Beurre : épisode 29


(maudite soit cette bd qui a subi 5 écrans bleus (*biip !* "vidange de la mémoire physique...") de la part de mon pc u_u)

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lundi 16 juillet 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 28 : Tergiver et très conversation

Bubu avait toujours été pragmatique - et à défaut de savoir très bien compter, il savait se rendre compte de ses erreurs d'appréciation. Ainsi, la fois où il avait tenté de prendre le petit chemin étroit et sombre qui se trouve derrière chez une de ses voisines, il avait dû admettre par la suite qu'il aurait dû demander la permission, surtout lorsque celle-ci lui avait dit, un brin choqué : "On demande avant de rentrer chez les gens !"

Après cinq bonnes minutes de remontée à la force des bras, Bubu avait parcouru un bon trente centimètres, accomplissant certes le nouveau record du LST en montée au lacet, mais ce en ayant atteint ses propres limites physico-psychologiques. Il se laissa chuter lourdement sur le derrière, épuisé, tentant sans bien y parvenir de reprendre son souffle.
Les crocodiles commençaient à se rassembler devant la plage, l'air belliqueux - ce qui pour un crocodile ordinaire est le signe qu'il est pas jouasse. En cet instant terrible de son existence, Bubu se rendit compte qu'il était seul et désemparé, et que la viande de croco qu'il avait mangée devait être avariée, s'il en croyait les informations remontées par son estomac. Ou alors il avait la trouille, mais qui pourrait le croire ?

"Il ne viendra plus, il faut reprendre la longue route vers la victoire ! décida Flo Galou en refermant l'édition du jour de Matin-Plus, obtenu de longue lutte avec les caméramens qui suivaient les Grococos. Flo Galou leur avait mis le marché en mains en ces termes : "Ecoutez les gars, je sais que vous faîtes un boulot de merde, mais si vous ne vous mettez pas de notre côté, je vais vous bloquer ; vous savez à qui vous avez affaire ? Je suis l'un des principaux leaders étudiants du fameux mouvement de lutte contre le CPE, je suis l'un des premiers à avoir pris la Sorbonne depuis la Révolution, et je tiens cet héritage de la nuit des temps, depuis Robert Judas qui refusa le joug de Jésus sur la secte des Catholiques, jusqu'au coup de boule syndicaliste de Zidane en réponse à la provocation patronale de Materazzi, qui lui avait dit "t'es rien qu'un sale ouvrier de chez Danone, vivement le plan social". Bref, je suis la voix de Mao, de Lénine, de Clémentine Autain et de Bisounours sur le corps de Francis Lalanne. Believe-me brother, you don't want to be against me. (ouais j'ai fait un stage linguistique aux States)."
Au final, il les avait convaincu de leur fournir des produits de première nécessité : journal du matin, café frais, PS3 avec 4 manettes, etc...
A dix heures du matin, les Grococos se mirent donc en route.

Les crocodiles n'en finissaient pas de s'approcher, malgré les petits cailloux que Bubu, désespéré, leur envoyait sur les ouïes, avec une ardeur redoublée depuis qu'il apercevait le blanc de leurs yeux. "Ah ah, vous chialez hein saleté de sacs à main ! Vous pouvez toujours verser toutes des larmes de crocodiles, vous ne m'attendrirez pas ! Et dis donc, vous savez comment ça s'appelle des types qui sont tout en cuir ? Des tapettes !"
Conscient de les avoir bien vénères, Bubu fut soulagé de voir arriver, porté par un nuage de pigeons, son fidèle Psycharpax.
"Ah te voilà ! J'ai bien failli attendre !"
Bubu prit la place du rat entre les papattes des pigeons, laissant son sauveur à museau pointu - turlututu - sur la plage à sa place.
"Je te les renvoie dés que possible Mickey !"
Et Bubu tel un Superman emporté par des anges, s'envola dans les airs dans un long mouvement gravieux qui fit pâlir les nuages.

Les Grococos marchèrent longtemps le long du ravin, espérant trouver un moyen simple de traverser. Ils marchèrent tant et si bien qu'ils parvinrent, enfin, à un embranchement. Un grand baobab tout marron se dressait au milieu d'une fourche, ce qui est toujours désagréable cela dit-en passant. Sur son tronc dont la puissance et le charisme n'était pas sans rappeler à nos héros, celui, certes plus poilus, de Zak Galou, était gravé dans l'écorce le message suivant : "Chez ingrid, c'est par là" avec une flèche vers la droite indiquant une relation 1...N. En dessous, un deuxième message indiquant la gauche, avec une flèche d'héritage disait : "Motel Florent Pagny de la Pampa". Bien que parfaitement conscients des enjeux sociaux-politiqus d'une telle découverte, les Grococos durent se concerter pour choisir leur chemin :
"Virer à droite ? fit Flo Galou, plutôt crever ! Et pourquoi pas l'ouverture tant que vous y êtes ?
_ Moi je vais tout droit, décida Morbeth qui n'avait pas peur de prendre des décisions, fussent-elles oranges, ce fameux mélange entre le bleu et le rose.
_ Bah moi je m'en fiche tu vois ! ajouta Manu qui lui aussi avait une conscience politique.
Ils partirent donc vers la gauche, Morbeth compris - comme la couleur orangée pouvait le lancer penser, ainsi que la perspective du bar du motel, et le nom de Florent Pagny, prometteur en terme de franche rigolade herborisée.

Denis Grogniard les attendaient en terrasse en sirotant un lait-fraise, lorsqu'enfin ils parvinrent à la plage.
Nos héros, barbus, fourbus, et en ayant plein le cul vinrent se laissèrent tomber dans les chaises autour de lui, éberlués par la classe du campement.
"Quoi ? leur dit le présentateur vedette, vous pensiez vraiment qu'on allait vous laisser dormir dehors ? Mais vous savez que c'est dangereux ici ?
_ Et les Babibelous ? demanda Flo Galou, qui songeait surtout à la victoire.
_ Ils sont encore en route - il faut dire qu'ils ont pris le mauvais embranchement. Mais je ne m'inquiète pas pour eux, ils sont bien plus débrouillards que vous.
_ Une bière ! fit Morbeth qui songeait surtout à boire une bière.
_ Et Bubu, vous avez de ses nouvelles ? demanda Manu un peu dépité par la disparition de son compagnon.
_ Non, je sais juste qu'il a assassiné sauvagement le passager de la place 108, qui était en fait un milliardaire qui cherchait des thésards talentueux pour leur léguer toute sa colossale fortune.
_ Oh putain ! fit Flo Galou conscient qu'il fallait qu'il se dépêchât de finir son rapport de stage de 2004-2005 s'il voulait décrocher une bourse (autre que l'une des siennes, j'entends).
_ Oh putain ! fit Morbeth en songeant à la pinte qu'une accorte tahitienne de Colombie britannique lui apportait.
_ Oh putain ! fit Manu qui trouvait qu'il y avait beaucoup de gros mots dans les trois dernières phrases.
_ Voilà ce qu'on va faire les loulous, leur dit Démi, on va se prendre une bonne cuite en attendant que les Babilous aient finis de faire les marioles dans la jungle.
La fine équipe commanda donc à déjeuner des demi-boeufs rôtis à la broche, arrosés d'alcool de noix de cocos et de bière fraîche. Puis, alors que l'ivresse et la fatigue se mêlaient et contribuaient à l'ambiance franchement lycéenne post-bac-de-français, Manu eut une illumination illuminée : "Eh, mais au fait, où est passée Little Endian ??"

Ce qu'il advint de Psycharpax contre les crocodiles, ce que pouvait bien faire Little Endian, qui Bubu rencontra dans le lit mouillé de la rivière aux crocos, et surtout, y a-t-il une trame narrative claire pour ces épisodes, vous le saurez, peut-être, si vous suivez les extraordinaires aventures de nos pastèques en pays aztèques.

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jeudi 12 juillet 2007

Super LST passe à l'action ! - Episode 27



(Ici, ce que vous voulez avant le lien)
(Ici vous racontez votre vie)

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samedi 7 juillet 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 26 : What Bubu saw at the bottom of the (brad) pit

Après avoir quitté, peut-être pour toujours mais plus sûrement pour une heure ou deux ses meilleurs amis (enfin, c'étaient pas vraiment ses meilleurs amis, mais c'étaient ce qu'il avait de mieux sous la main pour le moment), Bubu se sentit soudain libéré d'un grand poids - et pas seulement parce qu'il n'avait plus à supporter Flo Galou.
Véritable Mac-Givère, il s'était bricolé des gants avec ses chaussettes, profitant de ce que, de toute façon, ses chaussures n'avaient plus de lacets ; cette astuce digne de figurer dans "La varape pour les Nuls" lui permit de descendre rapidement les deux cent premiers mètres - d'autant qu'un peu "just" sur la pratique, il oublia de bloquer la corde et tomba en chute libre jusqu'à ce que son génie naturel ne reprenne le dessus.


En panne de bois sec à cause de la saison des pluies, les Grococos étêtés - ie amputés de leur chef (je le précise à l'attention des nombreux lecteurs persuadés, à juste titre certes, que ces aventures recèlent plus de fautes de frappe que de réelles innovations lexicales) - se tenaient à une distance respectueuse de leur feu de fortune.
"Jamais je n'aurais pensé que ça aurait fait autant de fumée", avoua Morbeth, qui avait eu le premier l'idée de cramer le sac à dos de Bubu, après qu'ils aient constaté qu'il ne contenait rien de bien intéressant : un abstract gribouillé sur un coin de PQ, un article sur les champignons hallucinogènes dont il entendait se servir pour financer de nouveaux tests sur Psycharpax, un tube de dentifrice "spécial haleine fraîche", un paquet de clopes, un briquet bic rose, un rouleaux de 250 capotes goût manzana, et un CD d'Epsilon-machine.
Certes, le feu avait repris du poil de la bête, mais ils préféraient ne pas se tenir trop prêts de la fumée.

Bubu noua soigneusement ses lacets, afin d'évirer une nouvelle chute, puis il sortit son téléphone cellulaire de sa poche - peu après l'atterrissage catastrophe, les rescapés avaient à plusieurs reprises tentés de téléphoner à Europe-assistance ou Bison-futé, mais il n'y avait aucun réseau. "Putain j'aurais dû prendre mon pc portable, j'ai le wifi dessus !" avait dit, amer, Flo Galou, dont les connaissances informatiques étaient énormes.
Mais Bubu, lui, s'y connaissait en réseau, surtout de neurones. Il composa un code secret sur son téléphone, puis, en vérifiant autour de lui que personne d'autres ne faisaient du rappel, il appela Psycharpax.
"Allo ? dit-il - il était toujours très respectueux des usages. Comment tu vas mon rat-nounet ? J'ai eu très peur pour toi tu sais ?
_ Gruik cot cot criii criii ugrii ! répondit Psy à l'autre bout du satellite.
_ Ah bon ? Tant mieux ! Je suis content que tu n'aies rien, ni tes copains les pigeons. La chute n'a pas été trop dure pour la soute ? Fais bien attention à mon sac de voyage, il y a toute ma collect de newlook !
_ Gruik cot cot criii criii ugrii gruik cot cot criii criii ugrii !!!
_ Calme-toi un peu, je comprends rien !
_ Cot cot !
_ Ah tu es avec Little Endian ? Je l'avais oubliée celle-là ! Qu'est-ce qu'elle fout dans la jungle ? Elle était sur la plage à l'épisode 24 !
_ Scritch scritch pschitt badaboum !
_ Quoi ?? Bon où es-tu ? Comment ça à droite ? Mais bougre de con tu es encore branché en égocentré !! Switch en allocentré et reboot ! Je te rappelle dans vingt minutes !"
Maudissant d'avoir dû le programmer sous windows, Bubu entreprit de poursuivre sa descente en rappel, jusqu'au fond du gouffre.

"Et s'il ne revenait jamais ? demanda Manu, qui commençait à s'inquiéter pour son ami. Les équipes seraient complètement déséquilibrées à Ennemy Territory ...." Manu commença à pleurnicher.
_ Eh Manu déconne-pas t'as des larmes plein ta bière, le bistrot va fermer pis tu gonfles la taulière ! fit Morbeth qui avait consenti à sortir son pack de réserve pour l'occasion ; il commençait d'ailleurs à sentir les premiers effets bénéfiques de l'alcool (douce euphorie, décrispation anal - oui, bon ça n'a pas le même effet pour tout le monde, c'est sûr), ainsi que les premiers effets négatifs de l'ivresse (chanter des chansons de Renaud à la con, penser à l'avenir, etc...)
_ De toute façon, s'il n'est pas revenu à l'aube, il faudra reprendre la route", décida Flo Galou qui avait toujours rêvé d'être un grand leader charismatique, comme Mao ou Bruno Juliard.
Dans les vapeurs de plastique fondu, nos trois héros commencèrent à somnoler, se laissant bercer par les vrombissements frénétiques des moustiques dont seule la femelle pique - comme souvent dans le règne animal.

"Bon, où t'es ? demanda Bubu qui avait parcouru deux cent mètres de plus.
_ Huirk huirk lol megakikoo !
_ Oui je sais que tu es avec Little. Au nord de Lille ? Mais qu'est-ce que tu racontes !! Mais.. mais tu te drogues ??
_ Deee dpfospzf !
_ Ah au nord de l'île ! Au temps pour moi. Qu'est-ce que t'en sais que t'es sur une île d'abord ? Les pigeons te l'ont dit ? N'écoute pas ces saloperies, ils sont complètement shootés aux vapeurs d'essence.
_ Lol mdr !
_ Ecoute, voilà ce que tu vas faire ..."

A quatre heures, le soleil dardait à peine ses rayons d'argent, la clairière au bord du précipice se couvrait de rosée, lorsqu'arriva Denis Gromiar en Jeep Cherokee, avec deux ou trois autres personnes.
"Alors les rouges, que se passe-t-il ? J'ai appris que vous aviez perdu un membre de votre équipe ? C'est un moment-clé de l'aventure ! Morbeth, vous le débonnaire, le rigolo, je dirais même la soupape de votre équipe, qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous allez pouvoir transcender cet abandon pour le moins surprenant ?"
La bouche pâteuse, encore mal réveillé, Morbeth bredouilla quelques mots pour noyer le poisson : euh, alors, c'est sûr, vous voyez, linux, kronenbourg, vous voyez.
_ Et vous Flo Galou, le révolutionnaire, ça vous fait quoi de subir l'hégémonie de Bubu, qui trust toutes les tâches intéressantes qui s'offrent à votre équipe : couper du bois, faire de la varape, dépouiller des cadavres, rencontrer des crocodiles ?
_ Comme d'habitude, les pseudo-élites se gardent les meilleures parts d'un gâteau dont nous ne voulons pas pour nos enfants du futur, j'ai déjà préparé une pétition contre le règne de Bubu, le petit Napoléon comme on l'appelle déjà dans les couches populaires, et nous prévoyons un blocage de la corde de retour.
_ Quoi qu'il en soit les Grococos, vous avez perdu un membre important de votre équipe, et dés demain, lors de l'épreuve d'immunité, vous verrez si vous êtes capable de rivaliser avec les Babibelou, qui eut sont toujours au complet ! A demain !"

Au même moment, après s'être endormi au téléphone avec Psycharpax, Bubu touchait le fond en pleine forme et plein d'allant. Il posa le pied sur une petite plage très "mignonette" selon ses propres termes. Quelques semaines plus tard, il devait en faire le récit suivant à la journaliste de Détour en Colombie qui l'interviewait : "C'est un coin de verdure où chante une rivière".
Hyppolite se grillait une brochette de croco sur un feu minuscule. Il avait l'air en pleine santé.
"Hypo ! tu es vivant !" Bubu avait du mal à feindre la joie.
_ Oui j'ai eu de la chance. Je suis le patron d'une grosse boîte du CAC40. J'ai utilisé mon golden parachute."
Emerveillé, Bubu avisa un peu plus loin sur la plage la carcasse d'un crocodile mort.
"J'ai fait un peu de judo quand j'étais jeune, expliqua, modeste, le survivant. Tu veux un peu de rognons au cognac ? Désolé, je n'ai pas trouvé de champignons ! dit-il en rigolant.
_ Dommage que Zak Galou ne soit pas là, il en a plein les pieds !" répondit Bubu du tac au tac.
Ils dégustèrent un merveilleux petit déjeuner, se lavèrent dans la rivière - les crocos, au large, ne faisaient pas les fiers - puis Bubu lui demanda comment il comptait remonter.
"Impossible, dit Hyppolite en contemplant la paroi abrupte et lisse, c'est trop risqué et tes lacets ne pourraient pas supporter deux personnes. Il va falloir descendre la rivière à la nage et atteindre la mer du nord.
_ Euh, le Pacifique, non ? corrigea Bubu.
_ Ah ah ah ! Toi, tu n'y connais vraiment rien en géographie !"

Alors qu'Hyppolite s'apprêtait à dépecer le croco pour s'en faire une combinaison de plongée - "ainsi, on passera inaperçu !" - Bubu courageusement attrapa la poèle qu'il venait de laver dans la rivière et lui assena un gros coup derrière la tête, assomant le passager de la 108.
"Désolé ducon, il ne peut en rester qu'un. C'est la loi du conseil de Groh Lanta et elle est irrévocable."
Il lui donna encore quelques coups de pieds, lui piqua son iPod et le balança dans la rivière.
Puis, récupérant le sac à dos d'Hyppolite, il y attacha soigneusement le crocodile mort, sur lequel il restait tant à manger, et il entama, les mains dans ses chaussettes, la longue route du retour.

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LST Express - Episode 25c : Les volatiles

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jeudi 5 juillet 2007

LST Express - Episode 25b : Une fille dans l'équipe : handicap ou pas handicap ?

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Les aventurex extraordinaires de Zak Galou : Episode 25-bis - LST Express, la route de la liberté

L'équipe rouge des Grococos s'enfonça dans la jungle en courant, persuadé de pouvoir prendre de vitesse ces salauds de jaune.

La nuit tomba - blam - sans que l'équipe des Grococos n'ait trouvé son campement. Flo Galou avait d'abord tenté une opération escargot sur un petit sentier forestier, afin d'obliger d'éventuels autochtones à les aider, mais l'absence totale de circulation avait réduit ses efforts à néant. De son côté, Bubu avait proposé d'adopter une stratégie égocentrée qui les avait conduit à tourner sur eux-mêmes, provoquant de légers vertiges dans l'ensemble de l'équipe.
Vers le milieu de l'après-midi s'était noué un violent psychodrame entre les membres de la Red-team, lorsque Bubu, à bout de nerfs, s'était mis à couiner, en secouant Manu par les épaules : "On est perdu putain ! on va tous mourir !" Il avait fallu toute la force de persuasion psychologique de son ami pour le calmer : "Oh tu me lâches où je te pète les dents, tu piges ?"
Quelques minutes plus tard, ils étaient arrivés au bord d'un précipice, d'environ 6 mètres de large, 850 mètres de profondeur, un cours d'eau en contrebas grouillant de crocos super voraces qui les regardaient d'un oeil méchant.
"Il faut construire un pont, décida Bubu qui avait repris confiance en lui. Nous le baptiserons le Pont de la rivière Kwouille.
_ Ah ouais et pourquoi ça ? Pourquoi que ce serait toujours les mêmes qui commanderaient ? s'énerva le passager de la 108, que nous appellerons Hyppolite par mesure de commodité. Chui pas d'accord ! Et si moi j'ai envie d'appeler ça le pont Dupont ?"
Hyppolite continua à vitupérer sur sa lancée pendant plusieurs minutes, tandis que Bubu, qui n'écoutait que lui-même, commençait à couper un arbre à mains nues. Morbeth, un peu à l'écart, attendait patiemment que ça se passe - il savait que Groh Lantah était un jeu de longue haleine, dans lequel il ne fallait pas s'épuiser inutilement.
D'un autre côté, quand Flo Galou se joignit à Hyppolite pour protester contre la main-mise absolument scandaleuse de Bubu sur la direction de l'équipe, au mépris des règles communautaires, de la convention des droits du syndicaliste, des accords de Kyo et de la conférence de Yalta, Morbeth commença à envisager un coup d'éclat, dans la gueule du 108.

"De toute façon, j'ai pas besoin de ton pont, je suis sûr que je peux sauter !" annonça crânement Hyppolite, que l'indifférence non feinte de Bubu révulsait.
Pourtant, lorsque Morbeth, se décidant, le jeta dans le vide de toutes ses forces, il dut se rendre à l'évidence et admettre que le saut en longueur n'était pas son fort ; d'un autre côté, une chute libre de 850 mètres pouvait le faire entrer dans le livre des records. A l'aise.

La nuit les surprit sans que Bubu ait terminé de couper son arbre, mais il avait même pas mal aux mains. Ils firent un feu et s'assirent en cercle autour. La faim leur gargouillait l'estomac, la soif leur tiraillait le gosier, Morbeth commençait à être en manque et il n'avait presque plus de tabac. Puis Manu eut une illumination :
"Hé, je crois qu'Hyppo avait un mini-mars dans son sac à dos."
Ni une ni deux, Bubu dénoua ses lacets pour construire une corde, puis il l'attacha à une souche avant de commencer une descente en rappel le long de la paroi abrupte.
"Ne fais pas ça Bubu ! fit Manu qui avait la frousse tout seul la nuit, c'est trop dangereux !
_ Ecoute, on est au bord du gouffre, il faut qu'on mange. Si je peux, je ramènerais quelques litres d'eau.
_ Euh et si tu pouvais récupérer ses clopes aussi ...", fit Morbeth l'air de rien.
La lune ôta son chapeau de nuages pour saluer le courage du héros, et Bubu prit un air tragique pour faire ses adieux à son équipe :
"Mes amis, j'ai conscience de la dureté de la tâche ! Mais la route est droite et la pente est rude ! Je serais de retour aux premières lueurs de l'aube, si Dieu - ce salaud de bourgeois - me vient en aide !"
Sa tête seule dépassait de l'abîme.
"Adieu mes amis, adieu et ... merci !"
Et sous les applaudissements frénétiques de ses camarades, et de la jungle toute entière, Bubu s'engouffra dans le gouffre et s'abîma dans l'abîme.

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LST Express - Episode 25a : top départ !



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Les réflexions de la machine à café :

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