lundi 14 mai 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Comment entrer au gouvernement quand on est jeune et chevelu ?

"Il fallait y penser", y pensa Zak Galou en se hâtant, et de se dé-constiper et de signer la carte de félicitations qu'ils comptaient lui offrir ce soir. C'était une carte au format A4, qui s'ouvrait sur une petite musique diablement dansante ; il y avait là déjà tout un tas de signatures célèbres, mais Zak Galou savait qu'entre les "Ah que bravo nicola !", les "Ouais cool c'est super", les "Okay on a gagné okay !", son message serait d'une importance parisienne - c'est-à-dire capitale - pour l'invité d'honneur de la soirée.
C'est la raison pour laquelle, tour à tour, ils venaient dans cet isoloir concocter qui un bon mot, qui une frétillante blagounette, et Zak Galou se sentait en verve ce soir-là.
"Bon tu te grouilles de sortir des chiottes, ducon ? Y a ma femme-top-modèle qui voudrait faire popo", lui dit en cognant contre la porte l'un des invités.

Zak Galou était arrivé en début d'après-midi au carré VIP du Fouquet's, ce dimanche 6 mail - aux alentours de 18h30, c'est-à-dire dés que les scores avaient été suffisamment significatifs pour qu'il puisse choisir son costume et sauter dans le premier RER venu. Le choix du costume avait été, jusqu'au bout, un problème épineux : soit il enfilait le très cintré costume bleu-ump qu'il porterait au Fouquet's pour fêter la victoire de Nicolas, ce au risque de devoir se changer en dernière minute dans le cas, hautement improbable quand même, où Royal devait l'emporter. De la même manière, il avait longuement hésité à passer son costume socialiste - bleu pastel, donc, avec des épaulettes bleues, blanches, rouges - mais cela augmentait grandement la probabilité qu'il doive se changer avant de sortir. D'un autre côté, déjà habillé pour la victoire royaliste, il pourrait rejoindre plus rapidement le lieu, tenu top-secret défense croix-de-bois-croix-de-fer etc., où Ségo allait fêter sa victoire avec quelques élus (pas des élus socialistes faut pas déconner, des élus qu'ils ont été choisis par elle et pis c'est tout).
Incapable de se décider entre ce choix-ci et ce choix-là, Zak Galou demeura en slip et alla voir sa mère. "Maman, chui incapable de me décider entre ce choici et ce choila. _ Ba t'as qu'à rester en slip, ce sera ta sensibilité centriste en quelque sorte".

Evidemment, Zak Galou avait donc mis le costume sarkozyste et avait filé au Fouquet's dés l'annonce des résultats. La soirée VIP était Vraiment Intellectuellement Pauvre, mais bon, il y avait des petits fours gratos et ça, c'est la classe. Zak Galou se faufila de Latiatia (de chez Optic2000) à Estelle (de chez les crèmes qu'adoucissent la peau) sans rien pouvoir pécho.
Puis il aperçut Little Endian, assise sur une banquette près de l'entrée, pour, je cite, "ne pas râter son apparition" ; il faut dire qu'elle en était déjà à son troisième champomy.
"Alors Little'en, ça mousse ? demanda Zak Galou en lui donnant un coup de poing dans l'épaule pour lui dire bonjour.
_ Beurp ! répondit Little, dont la digestion s'annonçait délicate. Fais attention, tu marches sur la patte de mon éléphant.
_ Le bleu ?
_ Ben oui, j'en ai pas 36."
Zak Galou hésita un moment à appeler le SAMU pour dessouler Little, mais il aperçut un autre chevelu qui détourna son attention, vu qu'il était déjà en train de papoter avec Julie Lescaut.

"Eh Florent, qu'est-ce que tu fais là ?
_ Ba je bois un verre, faut que je prenne des forces, dés demain on bloque la fac.
_ Hum, mais, euh, on est où là, au fait ? fit Zak Galou, pris d'un doute.
Flo Galou partit d'un grand éclat de rire : "Oh tu sais, Nicolas et moi on est super potes depuis un moment, nos intérêts se rencontrent après tout !
_ Ah ok, et tu sais où est Cécilia, je lui aurai bien présenté ma ... euh mes respects.
_ Nan je l'ai pas vue, mais on est allé au hammam ensemble hier".

A suivre...

Le syllogisme Zak-Galouaque du jour : "On savait déjà, merci Sylvie, que la vie c'était comme une cigarette. La cigarette tue, donc la vie tue. CQFD".

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jeudi 12 avril 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - La lignée des Galou - Episode 1

Où l'on verra comme Zak Galou, issu des plus hauts lignages de notre tiroir terroir, dispose d'ancêtres tout aussi héroïques qu'himself.

Depuis quelques temps, Zak Galou se sentait patraque ; sa notoriété étouffante surtout sans la clim' le poussait à l'introspection et il fallait bien avouer que l'arrivée des BD de Little avait contribué à ringardiser et les logorrhées pré-apocalyptique de Glou et ses propres élucubrations divagantes. Il se rendait bien compte qu'il risquait à tout moment, comme Bubu et sa soudaine disparition depuis son
PACS avec Manu et l'adoption de Psycharpax, de disparaître de la scène internationale au profit d'autres héros plus jeunes et mieux gaulés.
Pourtant, il se souvenait des histoires que lui racontait Pépé-Amédé sur le chevalier Don Galou de la Merda, qui lui aussi avait connu la gloire et les gonzesses, avant de retomber dans l'oubliette - une chute malheureuse au détour d'une piste verte.

Don Galou de la Merda était un chevalier mi-figue mi-chipriote, surtout que sa mère était bretonne, avec bigoudis et chapeaux ronds. Il se prénommait Ben, mais comme personne ne connaissait l'Amérique à l'époque - c'était en -0.5 avec JC - tout le monde le prononçait Bain, et Bain-Galou, il trouvait que ça craignait, surtout au camping.
Né après la sortie n°3 de l'autoroute Bagdad-Téhéran, direction Bourg-ouatioucanne Don Galou fit des études de chevalier après un bac-pro spécialité compta. C'était pas la voie ségolène pour entrer en école de chevalerie, mais putain merde quoi tout le monde est pas obligé de sortir de la cuisse à Jupiter merde putain chier quoi ! La première année, il masterisa la compta mais se gauffra à l'exam de saut d'obstacles sur plaque chauffante ; heureusement, un Tépénoté en ANCDMAV (Attaque Non Conventionnelle de Moulins à Vent) lui permit de remonter sa moyenne générale.
Pendant l'été, il fit un stage à la légion étrangère de Bethléem, où il rencontra Robert Bère, plus connu sous le nom de Joseph.
Robert Bère sortait avec Marie - qui avait d'ailleurs dû quitter le 20h de Judée3 pendant le changement de la fosse septique - et Don Galou prit sur lui de pas lui piquer. T'imagines sinon le bordel, la vache ohlala ! L'histoire est comme la fille sur le trottoir d'en face quand Zak Galou enlève ses lunettes - ie floue - sur le rôle exact de Don Galou dans la tournante dont Marie ressortit avec une baguette dans le four à pains - oui, c'est une blague Laurent Gerra ou Jean-Marie Bigard, je sais plus mais c'est l'un des deux, en tout cas un philosophe de l'entre-deux-guerres. Certains témoignages tendent à prouver que Don Galou aurait de plus été le quatrième roi-mage, mais qu'un accident de chars à boeufs sur le périph de Bethléem l'aurait un peu retardé. Témoignages :
"Oulala missa ess tomba da la moto missa très mal" (Jarjar binks)
"Les trois mages auraient dû être quatre, c'est d'ailleurs ce qui a mis la puce à l'oreille d'Alexandre Dumas et de mon chien, pour les trois mousquetaires. D'ailleurs, c'était une fameuse équipe de baby, ils faisaient des tournées dans
toute la Judée et se nourrissaient exclusivement de ouiche lorraine." (Georges Abitbol)

Ayant râté la naissance, Don Galou voulut se ratrapper et c'est lui qui apprit au petit Iésouss la plupart de ses tours les plus fameux, notamment marcher sur l'eau. "Tu comprends Momo, lui expliquait-il souvent, marcher sur l'eau est à la
portée du premier imbécile, ce qui est difficile, c'est d'installer la plaque de verre juste sous la surface, et assez discrète pour tromper le public. Avec toi sur l'eau et moi au guichet, on va se faire des couilles en bronze" (NB historique
l'or n'était pas encore très utilisé comme monnaie, voyez-vous ? surtout chez les pauvres). C'est lui qui lui apprit le fameux tour de la multiplication des pains, très pratique en cas de bagarre, ce qui arrivait souvent après le tour sur l'eau.
Lui encore le responsable du tour qui au départ s'appelait "un peu de grenadine ?" et que l'histoire devait retenir comme "le changement de l'eau en vin".
Malheureusement, Iésouss prit la grosse-tête, surtout après s'être laissé pousser les cheveux ; mal conseillé, il partit en testicules, organisa des rave-parties, se montra tout nu sur un char de la gay pride. Finalement, Don Galou fut forcé de le dénoncer aux flics pour le remettre sur le droit chemin : "Tu comprends Mamadou, lui expliqua-t-il derrière le judas de sa cellule, c'est pour ton bien que je t'ai fait entrer dans ce centre pour primo-délinquants-juvéniles. Je rétablis de l'ordre juste en usant de mon autorité juste, c'est tout juste. Juste à présent tu n'as fait que des bêtises, mais tu vas revenir sur le juste chemin. En plus je t'ai amené un plateau de fromages, tu en veux ? _ Merci, juste un brie doux. (oui bon ça va ...)

Malheureusement, Iésouss n'en finissait pas de faire des conneries. Dans sa prison, il devint incontrôlable, disant "Manamana" à tout ce qu'on lui proposait. Finalement, les nazis de l'époque furent forcés de lui clouer le bec - et un peu plus je vous le met quand même.

Après cet épisode tragique, Don Galou se retira des affaires et se remit à parcourir le monde sur son dromadaire. Il rencontra une fille à laquelle il proposa une alliance juste et elle lui répondit que si c'était juste comme elle avait des gros
doigts ça risquait de faire juste. Finalement, il la convainquit qu'il valait mieux qu'elle ne se débatte pas trop si elle voulait que tout se passe bien.

Et c'est ainsi que Don Galou perpétua la lignée des Galou.

A suivre...

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lundi 19 mars 2007

Les aventures extraordinaires de Zak Galou - Episode 16 : Zak Galou et la lutte contre la corruption


Comme tous les chargés de TD, ZG fut rapidement confronté à la corruption.
D'autres que lui - hein, Bubu ? - connaissaient déjà le phénomène puisqu'ils y avaient largement contribué, au temps où de l'autre côté de la barrière ils contemplaient les merveilleux avantages des chargés de TD-TP ; à cette époque, il suffisait de se boucher le nez, d'outrepasser le juste dégoût que tout un chacun éprouve face à l'autorité et de sympathiser avec le prof, sans faire trop attention aux différences insurmontables qu'il y a entre un étudiant et un chargé-de-tédé : l'abondance de poils au menton, le droit d'envoyer quelqu'un au tableau se faire ridiculiser devant ses petits camarades,
et un accès illimité à Nicole (entre autres et dans le désordre).

A cette époque, la compétition entre les étudiants ne faisaient pas rage comme aujourd'hui, les chinois n'avaient pas envahi le marché, il y avait un plan B au non à la constitution, et notre président si-aimant empêchait les Ricains de nous faire la guerre en Irak (alors que c'est pas avec cette pouff' de Royal qu'on va la gagner cette guerre ; d'ailleurs ce n'est pas avec Sarko non plus vu qu'ils font pas d'uniforme à sa taille, et Bayrou, il peut pas enfiler de casque avec ses grandes oreilles, bref on n'est pas rendu).
En ce temps-là, disais-je avant cette aparté tout en arène-de-france (l'émission de débats culturels de la 2, je dis ça pour Nono qui vit sans télé - mais mon dieu comment fait-il ? il ne peut même pas regarder plus-chiante-la-vie sur Fr3 !!), en ce temps-là notre héros granitique ne connaissait rien de ce dont les étudiants sont capables ; il y a peu encore il pensait que pot-de-vin était un synonyme de carafe d'eau.

Peu après le deuxième tédétépé de 4heures qu'il pro-fessait, une accorte étudiante lui demanda s'il ne verrait pas d'inconvénient à rester un peu après le cours, pour "discuter de son avenir". Après une dizaine de minute d'entretien-tiens-tiens-est-ce-que-tu-l'as-tiens Zak Galou entendit la jeune fille lui dire, sans se démonter (d'aucuns diront qu'elle l'était déjà) : "Alors on est d'accord, tu me mets 18 au module sinon je te balance".

Zak Galou ne put en sortir de chez lui pendant deux jours - et pas seulement à cause des traces de morsures. Il était effondré de ce que le monde tournât si mal : "Comment est-ce possible tant de méchancetés ?" demandait-il régulièrement à sa peluche marsupilami (le grand modèle), laquelle répondait invariablement "houba houba hop hop" quand il lui grattait le ventre.

Le tédé suivant, il y alla à reculons, ce qui n'est pas du tout pratique. Mais la fille, la traîtresse, la traînée, ne vint pas. Pas plus que le reste du semestre, d'ailleurs. En revanche, à la pause de 10h20, un accorte jeune homme vint l'apostropher tandis qu'il essayait d'introduire sa clé de machine à café (cf. l'un des posts précédents) dans une machine non inter-compatible. "Hé m'sieur on peux lé-par en loucedé ? J'ai un deal à te zé-propo."
Tout à son analyse lexico-grammaticale de la phrase dudit étudiant, Zak Galou accepta sans trop y réfléchir de le suivre au sous-sol de la tour 43-44. Il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche pour sortir une blagounette, système d'auto-défense naturel en cas de gêne, que l'étudiant le plaqua contre le mur et lui appuya une lame de rasoir gillette-sensor-for-men sur la trachée.
"Z'y va ptit enculé, tu vas me mettre une bonne note à mon module sinon jte crève, compris ?"
Zak Galou, qui vit là l'occasion de rencontrer l'infirmière, s'évanouit aussi sec.
Il se réveilla à la permanence des pompiers - l'infirmerie est fermée du lundi au vendredi à Jussieu. Le pompier-chef lui expliqua qu'on venait de le retrouver sans connaissance dans les toilettes à la turque, le pantalon sur les genoux. "C'est un coup classique ça : ne jamais aller dans les chiottes à la turque quand on est constipé, on risque l'évanouissement. Heureusement que Momo vous a trouvé".
En levant la tête, Zak Galou vit ledit-Momo, cad celui qui l'avait aggressé (comme son nom l'indique), lui faire coucou de l'autre côté de la fenêtre.
Opiniâtre, notré héros reprit son tédé et l'acheva une demi-heure en retard. Momo, en quittant la salle en dernier lui montra son téléphone portable : "Tu te rappelles de notre accord man ? Parce que je diffuse ça partout sinon ?" Sur l'écran couleur du mobile, ZG se reconnut dans une position assez désavantageuse, encore qu'il n'aurait jamais cru être aussi souple.

Après le coup de la maîtresse-chanteuse, cette histoire avec Momo le cloua au lit pendant une semaine, malgré les appels répétés de sa directrice de thèse. Zak Galou se sentait empêtré dans une histoire inextricable dont ni lui ni l'auteur ne voyaient la fin, quand bien même elle justifierait que ce soit moyen.
Néanmoins, il retourna encore la semaine suivante donner son tédé-tépé, sans rien dire de sa souffrance ordinaire. Momo suivait les cours en faisant sonner son portable régulièrement, comme pour lui rappeler leur accord.
Peu avant les examents de fin de semestre, plusieurs étudiants vinrent lui proposer des places au concert de Nicoalas Sarkozy à Bercy, des ordinateurs portables gratuits, des crèpes Wahou réchauffées, autant d'attentions certes aimables mais franchement louches.

Au moment d'aposer sur les copies son auguste sagesse, Zak Galou se rappela alors les pressions, les menaces, les cadeaux, les bises ; il se rappela avec quelle difficulté il avait obtenu son diplôme de M2, et tout cette bassesse lui monta aux joues comme monte aux joues de la donzelle effarouchée la gêne que provoque la main au cul de l'ouvrier en bâtiment qui repeint ses toilettes.
Sur chacune des copies il écrivit au marqueur rouge et comme un mantra :
"JE NE COMPOSERAI JAMAIS AVEC LA BARBARIE, LE COMMUNISME, L'ANTISEMITISME, ET LES PRODUITS MICROSOFTS".
Il faut dire aussi que de tous les ordis portables qu'on lui avait offerts, pas un n'incluait de distribution linux.

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Les réflexions de la machine à café :

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